‹ L'hermite en RussieChapitre 35 sur 91 · LA FORTUNE PUBLIQUE · texte numérisé non relu

LA FORTUNE PUBLIQUE

notre excuse. » L'administration russe dit à son tour : « Je donne à boire , il est vrai ; mais au moins suis-je fissurée que la boisson favorite du peuj^le n'est point falsifiée et ne contient rien de pernicieux; voilà ma justification. » Ainsi, on soigne la qualité et on prodigue la quantité : cette sollicitude n'a rien de bien philanthro-^ pique.

Ici le peuple était persuadé que le fisc, dans le double but de moraliser l'eau-de-vie et de. grossir les bénéfices, la mélangeait avec les eaux limpides de la Neva. Aussi, pour se venger de cette modification, changeait il le nom de Teaur de-vit, çodkayen celui de Gouritffka , par allusion au ministre des finances, qui s'appelait GouriefF. L'eau'de-vie russe se fabrique avec le froment; les seigneurs des provinces trèsproductives en céréaks ont d'importantes distilleries; mais ils sont forcés^ de vendre les eauxde-vie au gouvernement, qui fixe un prix annuel basé sur celui du froment.

L'état perçoit dix pour cent sur les héritages ; un droit semblable est prélevé sur le capital d'un bien-fonds vendu par toute personne qui n'habite plus la Russie.

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