‹ L'hermite en RussieChapitre 34 sur 91 · I*A FORTUNE PUBLIQUE · texte numérisé non relu

I*A FORTUNE PUBLIQUE

v^daati S^il né peut vendre, il prête ses terres pcmr un cerfaûi nomlire d^années aux Toisins propriétaires , et , à Texpiration du terme , il 'jouit des avantages d^un terrain défriclié et en culture.

3i Ton a réfléchi qu'on s'est occupé sérieu* sèment, sous le règne aetueU d'essayer la liberté en {^accordant aux paysans de l'Esthonie et de la Livonie, on concevra pourquoi Tempereur ne croit plus devoir disposer , en faveur des particuliers , de terres de la couronne, dont les paysans sont attachés à la glèbe.

Sous le règne de Catherine et de son fils on ne ccmnut point lés arrahdes ; tous les bien&îts immeubles consistaient en tçrres de la couronne , et n'étaient pas révocables.

En reyanche de ces donations, qui ne postent qu'à quelques individus , tout le inonde ici paie 3a quote part des impôts. Celui de la capitation peut s'assimiler à notre contribution foncière; car il se perçoit sur chaque tête de paysan mâle. La noblesse en est exemptée personnellement ; mais , comme elle est à hi fois propriétaire de la terre et des paysans, dont le nombre indique retendue de. la propriété ^

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ce tribut pèse en réalité siir elle. Aujourd'hui , les femmes et les enfans ne sont point assujettis à la capitation, fixée à trois roubles par individus mâles. Ce prix s'augmente disproportionnellement avec la base de cet impàt par la nécessité de subvenir aux frais de réparations de chemins, entretien de postes^ passage de troupes et de prisonniers ,* etc. , etc. Ces sommes supplétives sont déterminées annuellement par le budget général de Tempire ; elles varient suivant les besoins de Tétat, et aussi d'après ceux des localités ; on peut les évaluer de quatorze à seize roubles par^ chaque tête de paysan mâle, le droit fixe compris.

Les passeports des villageois que* les seigneurs autorisent à porter leur industrie dans toiffe l'étendue de Fempire , sont aussi une des branches du revenu public ; il s'élève à dix-huit roubles pour chaque individu. Ce passeport s'appelle obroh; le paysan le reçoit du maître après une convention réciproque faite entre eux ; la redevance qu'exige le seîjgneur est variable ; elle dépend de l'âge , de la vigueur et du genre de savoir faire de celui auquel on accorde ce droit d'absence. Chaque an^ée la convention et

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le passeport se renouvellent; ainsi, le pay3an paie au gouvesaement, ponr son obrek, un tribut fixe , et à son seigneur une redevance qui ne l'est pas.

Les teinqssd'orf d'argent, de cuivre et de fer ; les pêcheries, les salines, les douanes, les forêts , les pelleteries ( contribution en nature payée par les peuplades sibériennes) ; leé patentes , le timbre , forment les autres raniifications de la fortune publique, Timpèl des patentes est perçu sur les trois guildes des marchands , à quatre irois quarts pour cent sur la déclaration de trois valeurs de capitaux fixés , et qui déterminent la classe à laquelle le patenté veut appartenir. Les négocians de la première gttilde peuvent commercer dans l'intérieur et à Textérieur de l'empire ; ils ont droit d'importation, d'exportation et d'établissemens de fabriques ; il leur est interdit de vendre en détail et d'avoir magasin sur la rue. Cette division se compose de banquiers, armateurs, commissionnaires en gros ; très-peu de Russes appartiennent à cette cTasse. Les marchands de la seconde et de fa troisième guildes ne peuvent i€ndre que dans la ville qu'ils habitent et dans son arrondis-

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sèment. Catherine accorda aux fharchands des prérogatives qui en 4irent un covfjg particulier ; le commerce eut ses tribunaux et ses administrations.

Qui le croirait.'* Dans ce pays, neuf de civilisation, il existe an monopole préjudiciable au peuple, et c'est la couronne qui Texerce ! Efrange privilège de s'enrichir aux dépens de la santé publique !

La vento de Teau- de-vie, monopole dont je parle , est une de& branches les plus importantes des revenus de la couronne. On prétend que les bénéfices de cette régie s'élèvent à quatrevingt millions de roubles ; mais, je le dis encore, cette nature de prospérité est une des plaies de la morale publique , ainsi que chez nous la loterie et les jeux de hasard. Le gouvernement procure au peuple le moyen de s'enivrer légalement , conme en France on va se rumer avec l'assentiment et sous les yeux de la police. Singulier raffinement de civilisation, qu'il faille que les gouvememens prennent la ferme des vices, sous peine de voir ces vices érigés en criuEies! La polic0%arisiemie nous dit : « On ne s'égorge point dans les tripots que je surveille-; voilà

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