LES GRANDS SEI^NEUBS
titi enterrement, .on sjeulem^t une personne en deufl, il rentré aussitôt, bien pçrsnadé que sa course tournerait roah Lorsqu'il donne une féte^ on s'arrange pour qu'il y ait un cabaret renyené et du lait répandu ; quand le vieux .amphytrion voit sur le parquet cette liqueur blanche et les débris de porcelaine , il estaux anges , il se pâme de rire, et s'écrie: «.Le bonbeur s'annonce', ouvres^ la porte, il n'est pas loin; » •
Ce que je ne puis m' expliquer cbe^ lesfl^usses; c'est la paresse et la nontcbalance , i^nies à la plus incroyable activité dans la recherche des plaisirs ou des dbtractions. Cette même femmje qu'on trouvé immobile sur son canapé , n'ayant pas même le faible courage de la lecture , vous: la rencontrez, une heure après, au magasin anglais , au gostinodvor. Phis tard , elle visite deux ou trois parens ; de là , elle court s'habiller pour aller dîner au palais. Le soir , vous la voyez au théâtre , et à minuit , vous la retrouvez au bal , où elle danse ou joue jusqu'à quatre heures du matin. S'il vous arrive de lui dire : « En vérité,' vous menez une vie délicieuse , j'ai eu l'hon:neur de vous rencontrer partout aujourd'hui ; » savez-^vous c^ qh'elle répond? « Eh bien! j'a-
lOO li^S GR4N0S $traN£o»s»
roue que jq m-eimuie mortdlementv » Et cette damé dit trtir: c'est le résaltat ifl&iHible d^tme vie agissante; mais; inoccupée. l)oMiioii9^liii brasqoemiêift iine direction nbttvelief; qii^elte emjdme la moitié de cette activité sans^ but à un travail utile , à r^ccomplî^sement des i^fom de nière et de maîtresse de maison; que deui beures d'uiï^ lecture s^distantielle et {exercice d'm de ce > talens si chèrement acfoîs tieime presser la marche du tems, et vcrilà^ tout i mnp une ànt^e femme. Contente d'elle , des autres et de la tie , vous la verrez jouir franchement dtes dbtrâfefions de la soirëe. Demander que ^existence sdt une fête perpétuelle, un enchainement de jouissances, c'est tuer le [daisii*, c'est n'avoir aucune science du bonheur véritable.
Rien de moins paresseux que les dames russes quand il s'agit de voyager: une Française fré- Bïiraîf d'aller de Paris k Péfersbourg sans se coucher une seule nuit , et lés dames du Nord , fort communément, ne s'arrêtent q&'auport; la fatigue leur plait. La princesse Sopbie va de Paris à Odessa ^ comme nos dames d^ châkau se rendent à Compiègne ; et le jour où l'on sait ici qu'elle a dû qiritter la firancc, elte vdus
LES ÔRANDl» &£lG«%¥ïM. 2<^f
ipprcBd elU-mémc qn'eMe arrive; ie là Cri-
Mais çe5 mésies femmes , sobres et mfytig9^ Mes eoHMBe des courriers de caftnietv Imsqu'elles courent la poste , rentrent bien vite dans leur aieHesse et leur magmficieBee, àans leurs rexbercbee^et leur soif de pbtsirs. Rieft^^e»! assez beai» ni assez hoa pour satisfilkite four ddlic»tesse ; ettes s'entourent d'une douzaine de femmes attentives au moindre signe , au phis i^ger coup de sonnette. Ettes redeviennent éxigeante^^ inquiètes sur leur santé, et se croyant tr&smadhenreuses , si \onk ne «prcbe pas aussi vite ^e tettfs désirs. » #
' Ces cônf ritôtès «sont encore pl^s 'sensibles .dans les bommès qui passent subkétn^t èa sybarisme aux privations du bivouac et dés camps. Le magique pinceau de M"*' de Staël caractérise parfaitement^ dans ses Années d'exil^ cette étonnante faculté de transitions. On doit regretter que cette femme célèbre n'ait pas prolongé sa visite dans le Nord , pu n'ait pas attendu une époque moins orageuse pour la Russie. La baine dont l'honorait \e Briarée impérial, atteignant tout ce qu'il poursuivait, la fit voyager sur les
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ailes de la peur. Elle observa ce pays.en coi|rant, et tel est le privilège du génie, qae ses aperçai sont encore plus habiles et pins vrais que r examen réfléchi de tons les voy^eurs qi|i la précédèrent.
Ces obsenratioiis générales, que je donne ici, fixeront peut-étiie les idées du lecteur sur le ca«ractère des seigneurs russes ; il est inutile ^ je pense , de faire ressortir à ses yeux les ombres du tableau;. les deux capit^es offrent une niultitude de familles où régnent l'amour de Tordre^ et où la. grandeur de l'existence s'allie è la constance des goûts e|^ux avantages d'une saine raison. Mais le (yup-d'œit de l'observateur se dirige d'abord sur les masses , pour se reposer ensuite avec plus de cbarme dans les nombreuses exceptions.
l'hebmitage. 2o3