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ment de la Nouvelle-Ibllaade. Nous dbâmes ensemble. An dessert il me fit très-sérieusement cette singulière demande : « Monsieur, donnez-moi la satisfactione d'assister aux débats de la chambre des communes. — Ah! Monsieur, répondis-je , vous n'y ète^ pas , nous n'avons ici que des chambres à coucher. » Mon homme parut trè$-é tonné qu'un pays pût s€! mouvoir sansr chambre haute et basse ; il se retrancha sur les plaidoiries des. tribunaux. Un batardage , quel quHl fût , lui était nécessaire ; mais , après une longue absence des troh royaumes , il éprouvait surtout la soif d'un orage parlementaire ; je lui appris que la Russie possédait des avocats auxquels il ne manquait que la parole , et que les plaidoiries, toujours écrites, étaient lues par un greffier. Nouvelle surprise; je vis l'instant où mon Anglais retournerait dans sa eabine. Il ne m'était pas ene^e tombé sous la main tin voyageur d% cette nation dont la naïveté fi^t ausaS divertissante. Il termma son interrogatoire par cette question : « Qui est Canning dans cette pays? » Je compris que, ne pouvant rendre l'expression, il substituait un nom propre à l'emploi de. premier ministre. Il n'y a point ici, lyi I. i3
2go FOIRE DE LA BOURSE.
dis-je, de premier ministre; l'empereur est le véritable ministre des affaires étrangères , et transmet ses ordres à la chancellerie : c'est un travail qui plaît au souveraip.
Deux de mes convives avaient peine à se contraindre : je donnai le signal ; on se leva de table , et après le café j'attirai mon jeune Anglais dans un coin du salon, et je parvins à lui faire comprendre que la Russie n'a point de bourgs pourris , qu'on n'y élit aucun député à coups de fusil , ni par les grossières influences du porter et de râle; quMl n'y a ni voleurs de grands chemins, ni populace insolente et boxeuse; enfin, je lui citai quelques imperfections britanniques pour le consoler de l'absence de quelques perfections russes.