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pas de lui , je ne pouvais soutenir cette cbateur qu'en me^ranfîjssant avec mon mouchoir. La maisoi^ fut entièrement consumée ; mais les habitations'Vttisines•^-<]u^^ à la vérité, étaient bâti^ en briques f en furent quittes pour la peur.
Je ne m'engoue point aisément ; hélas! il est si rare qu'on puisse poser sa lantea]>e».Mai3 c'est vérkablement un homme celui que je veux faire connaître à mes lecteurs! Commençons par le
^phpiqucj^ quoique ëe ne «oit pas le point essentiel, ikdohnte in relief à tout le r§ste. Le gênéial\major de Cofgûly aune taille * élevée , sa figi^e est iioble et fieUe ^ ses trait$ sont ^àleâ , gracieux e'^t doux ; ses manières sont celles d'un militaire, chez lequel la politesse et l'usage du moide modifient .1^ ton que dhnne nue (ongue habitude ducommandçiïient; sa physionomie est ouverte ^-franche ; enfin il possède tout ce qui excite l'attention «des hommes et tout ce qui fixe leur bienveiJlance.^Une valeur brillante ajoute beaucoup d'éclat à ces*dons de la -nature, et poiir que rien n'y manque , il est «adroit à tous les eadércices dû corps ; il excelle dans l'art de Tescrime , de l'équitation ,^Jdu tir et du jeu de
* paume. .* * . .
78 UN INCBNDIE. •
M amtenant 9 si Ton désire; coBoaitre le càté moral de ce beau physique, on .va ie trouver dans le détail des fonctions qu'il remplie, l^a^haute noblesse, la bourgeoisie; le# Qtarclianâs et le peuple, riyalisent d'affection et de confiance pour le général grand-maitre de police. Quand le chef sapréme de-cette redoutable autorité se montrait dans les rues de Yenial^ républicaine^ le seul hommage que lui accordât ie pnblic était de fuir devant lui., Ici> à Taispeçt .du' surreillant en chef d'une grandes monârchiç ,* chacun se livre à une douce impressjen de sécurité. On sait que' son ceij vigilant est tonjoùrs ouvert p^ur le repos des honnêtes gens et p(»tr la i^épression dtes hommes malfaisans. Â la moindre apparence d'un^désQirdre» il' est à tout etj)artout ; il assiste aux revues de Terapereur, il "est en tête de toutes les grandes cérémonies funèbres, ih^ trowre à tous les spectacles^; chaque fou): il est obligé de parcourir les douse quartier^ de ta ville et à^ visiter les marchés et les bazars. Benic chevaux , agiles eomme des gaselles , et renouvelés plusieurs fois par jour, servent à pein^^rette inconcevable activité: Dès qu'il rentre chez lui , sa porte est ouverte à toutes les plaintes? à toutes
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les demandes , à toutes les confidences douloureuses! jaiuais on ne fait antichambre. S'il est /a, il est visible , il vous écoute , il console les uns, rassure les autres^" Possédant merveilleusement l'art de conciliation, souvent il prévient un procès entre deux parties qui viennent s'accuser devant son tribunal; enfin ^ lorsqu'il se couche, il peut dire : « J'ai fait du bien et j'ai empêché beaucoup de mal.' » Si toutefois il se couche, car rienn'est mbins .respecté que son sommeil , il dort quand ilplalt à Dieu ; ses. nuits sont à la disposition des circonstances comme ses jours ; plus de cinquante officiers ont le droit de réveil sur lui, que dis-je? toute là' population! Le repos et le général Gorgoly sont une alliance de mots. Je Tai vu, dans uae foule ttiriiuitueuse 1 pren> dre le bras d'un jeune tapageur, et lui dire à demi- voix : « Monsieur, point de bruit, je' vous en conjure ; ne me forcez pas à vous fiiire de la peine^ j'en serais très -malheureux. >» Et la mâu> vaiâe tête, subjuguée, se calmait aussitôt. Douze années d'asservisseikient à dés fonctions si laborieuses, n'ont pas eu le pouvoir d'altérer son hdmettr , ni d'obscurdr son-front gracieux ; toujours même fraîcheur de tête, mêmebienveil*-
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lance de Tarae, même liberté d 'esprit, toujoufiS même zèle et même dévouement au bien public. Les passions les pins basses^ toutes les plaies morales, toutes les misères de Tbomme défilent devant lui ; le cœur n a point de mystères pour un chef de police, et il semble qu'à la longue , ce hideux tableau devrait donner de Tirritation, de la morosité et une bonne dose de mépris pour l'espèce humaine. L'heureux naturel de cet excellent être triomphe de ses impressions; il ne retient que le beau côté du cœur. Lorsqu'on le voit dans le monde^ il a Tair de ne se ressouvenir que djus vertus ; mais sa présence y est aussi fugitive que Téclair : il compte par minutes avec les plaisirs , et par heures avec le devoir. La ville et son arrondissement , voilà sa prison ; il n'a ni congé ni vacance. La loi est extrêmement rigoureuse pour le grand-onattre , et cet officier-général , si redoutable par ses fonctions, est aimé, vénéré, honoré par toutes les classes , depuis le plus petit jusqu'au plus grand. Sirontrouvece portrait trop long , qu'on s'en prenne au modèle. Je ne crois pas qu'il existe un habitant de Pétersbourg qui voulût contesta un seul coup ifi pinceau. Par-
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1er d'un hontme aussi distingué est une heu- ^reuse fortune pour Tobservateur! S j'étais so»-. yerain, et qjie je songeasse à récompenser les senrices d'un Gprgùty^ je serais Thonime dk monde le plus embarrassé;; tout en faisant beaucoup , je craindrais toujours de ne point assez faire ♦.
. ^ Depuis yëpoque où j*ai recueilli ces notes , M. le général GoVgoly a donné sa démission. Au bovt de treize années dVne existence aussi laborieuse qu*honorable , .^ vo\iIut se reposer, dormir, voyager, enfin vivre un peu pour lui et pour sa famille. Le jour où la nouvelle de sa (*em|jtefut connue » H y eut une consternation générale; toutes les classes prirent part à ce deuil, depuis le grand seigneur )usqu*au modeste artisan ; c^étaitplus que des regrets, c*était de la douleur; elle s'exprimait par des plaintes, et chez beaucoup de g«ns par àes larmes. Jamais une grande population ne rendit un hommage plus solennel d'estime et de reconnaissance à un grand fonctionnaire. M. Narishkin , que je rencantrai le soir même dans une maison , dit : « Ma foi , puisque notre Gorgoly se retire , chaque soir, je veux aussi me retirer chez moi , à la nuit tombante , et barricader ma maison. » Ce mot , moitié plaisant , moitié sérieux, rend parfaitement Timpression unanime que causait la retraite du grand-maitre : chacun avait pris rhabîtudti de fonder son ropossur sa" vigilance et son activité..
ft2 UN IKC£frDI£.
Voici utte aneodole qui donaer»«iie ?dé« de là finesse du génïérat et de l'audace d'un filon russe. Cederaierayaît une frappajiteresseml^Iauce ayec le gratod-maitre dé potice (c'est àivè quMt était fort l»el kiomme). Il résolut de tirer part» de c^te ressembiamce. Yoiilaul eoraplèter le prestige, il s'affubla de Funiforme de major-géiiëral, endossa le manteau gris à grand collet, et poussa la recherche jusqu'à clioisit ^dr&sckkf y chevaux et cocher , semblables à ceux du général. De la sorte déguisé^ il se préisente chez un riche marchand, et lui dit d'un ton trèsruàturel : « J^ besoin à Tinstànt de ^gt-einq mille roubles pour une opération de police fort importante; all^r les chercher à la maison me causerait un retard préjudiciable; prêtez-moi cette somme, et venez me trouver demain à neuf heures, je vous la rendrai. » Le marchand , ravi de la préférence qu'on lui accordait, court à son portefeuille et compte les vingt- cinq mille roubles au ménechme du général , qui disparaît aussitôt. Le lendemain , à T heure convenue , le bon marchand russe se présente chez M. de Gorgoly, qui lui demande le sujet de sa visite. Cette question étonne le prêteur; une explica-
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tkm s^ensiiit , et il est reconna qne notre homme a été volé.
Le générai ordonne au marcbané de l'altendre , demande ses chevaux #t part. Il s'arrête devant la première guérite de bouichnik , et Tinterroge en ces termes : « Hier, j'ai passé devant toi à telle heure? — Excellence , oui. — De quel côté m'as-fu vu aller? — De ce côté. — C'est bien. » Même visite et même question au-boutchnik voisin. Après un^ vingtaine de demandes sembtai>te!5 , le général eât sm* la voie du fripon; enfin, il reçoit cette réponse : « Après être passé devant moi, vous êtes entré dans
cette naΣon.(|ue voilà sur la droite , a^ »
Le général se présente dans la fiiâtsdh indiquée ^ suivi de deux dragons de police; il fait venir le di>omik^^ et lui demande des renseigncmens sur les locataires; enfin il entre dans un logement où se cachait le voleur des vingt- cinq mille roubles. Celui-ci, très-effrayé de cette visite imprévue, avoue son escroquerie, restitue l'argent, et est <:oTiduit en prison, d'où il ne sortira probablement que pour aller en Sibérie. Là , il pourra
• Le portier.
HÇ un ING£NDiE^ '
resseiabler au grand-maltre de police de Pëtersbourg, sans inconvénient pour les porlefeuilles des gros marchands *.
♦ Le grand-maifre de police , sous le règne de Catherine, d tait le gënëral RéUyeff, Cet officier plaisait autant à sa souveraine par ses amusantes^ naïf êtes que par son déTOuement. LMmpératrice lui dît un fOur : (t Général, quand est-ce que votre femme doit accoucher r — Quand il plaira à Votre Majesté, » dit le grandmaître. Une si parfaite soumission rappelle celle d*an courtisan auquel son roi demandait : « Quelle heure estil F » 11 répondit : « L'heure qu'il ▼eus plaira , sire, m
Le général Réleyeif, faisant publier un ordre du jour pour les posopiers, disait : '< Les pompiers auront soin de tenir leurs pompes dans le meilleur état possible , et de bien nettoyer tous les ustensiles , particulièrement 1^ peilU d*un imetmdie, »