‹ L'hermite en RussieChapitre 71 sur 91 · N INCENDIE · texte numérisé non relu

N INCENDIE

nisà , avec une rare habileté , le service des

pompes.

11 substitua à l'usage des crécelles , dont le bruit aigre appelait les secours , celui des drapeaux pour le jour, et des. lanternes ou transparcns pour la nuit. Ces. signaux indiquent les quartiers vers lesquels les pompes doivent se diriger. La combinaison des couleurs des transparens ne laisse pas la moindre incertitude sur le point où Tincendie vient d'éclater. Les signaux sont placés dans des kalantcha , ou tours en bois^ dont la hauteur domine toutes les maisons. La garde en est confiée à deux hommes toujours en sentinelle. Dès qu^une fuinée épaisse les avertit d'un sinistre ^ ils tirent une somiette qui correspond à une guérite placée au bas de la tour ; au premier son de cette cloche on attelle les chevaux ( qui restent toujours harnachés) aux voitures portant les tonneaux et à celles chargées de tous les instrumens et ustensiles ; les pompiers montent sur ces dernières , au nombre de quinze, vingt pu trente. On a calculé les minutes rigoureusement nécessaires pour le trajet des voitures. Sous aucun préteiçte , on ne peut dépasser ce terme ; le re-

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tard de ^{uelquès. secondes serait sévèrement puni.

Les voitures sont attelées de trois ou quatre chevaux ; leuç vitesse est extréiuc. Dans l'hiver, Teau transportée est dégelée au moyen de charbons ardens introduits spus les tonneaux. Les pompiers sont enrégimentés et commandés i>ar des officiers. Qnand il y a deux incendies, les secours se divisent ; et comme ce cas est prévu, ceU se fait sans la moindre confusion. Les pompes sont réparties dans les douze quartiers. Chaque siège de la police a sa-4our de bois, ses signaux et ses secours. On donne des récompenses aux officiers et soldats qui se sont le plus distingués dans l'extinction d'un incendie *.

J'ai vu les pompiers manœuvrer sur le terrain ; mais 'ya n'ai point été témoin de leurs

* Une seule chose m*a paru mal combinée^ c'est la libre circulation des voitures traversant cette foule immense, au risque dMcraser les passans et de nuire au service des pomper. On ne peut concevoir le sans gêne des cochers qui, moyennant un détour, éviteraient les inquiétudes qu'ils donnent aux antres et celles qu'ils se donnent à oux-mémes. On ne conçoit pas plus rindulgence de la police que la patience du public.

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exercices, qui sont très-reiDarq1iabIes.^Qaelt]uefois on construit une maison de bo)S' en pleine campagne, et on y met le feu pour former les élèves aux évolutions. On les ex|fce aussi à se précipiter des toits sur des toiles tendues , et à poser des feutres imbibés d^eau pour intercepter le feu.

Il y a quelque tems que, revenant du grand théâlre, à onze heures du soir, j'aperçus, à quelque distance du canal de la Moïka , où était mon logement , une grande clarté ; en peu d^instans , je me transportai sur le théâtre du sinistre. L^ incendie venait dé se manifester dans une maison de bois, chez un loueur de véitures. L'activité dévorante de la îlamme ne peut se concevoir ; le feu dans une. maison de pierre n^en donne aucune idée. Cinquante tuyaux braqués simultanément lançaient des flots d'eau sur ces planches embrasées ; mais le travail principal des pompiers consistait à couper les communications avec les maisons voisines pour les isoler de rincendie; on y parvint assez aisément. Le général Gorgoly dirigeait lui-même les pompes, et je m'étonnais qu'il pût approcher autant des flammes sans se brûler le visage. Placé à quinze

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