‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 111 sur 197 · LIVRE III. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE V

riablement à minuit, pour s'entretenir de nouveau avec cet Époux céleste. Dans le silence et la solitude de la nuit, elle pouvait, en toute liberté et sans crainte d'être vue de personne, descendre à l'Eglise, alors que les portes extérieures en étaient fermées. Quittant donc ainsi sa cellule, pendant que la Communauté prenait son sommeil, elle allait se prosterner au pied de l'autel, et là elle demeurait en adoration une heure entière toutes les nuits, et même deux heures, la veille des fêtes ; sans que les froids les plus rudes, aient jamais pu ralentir sa ferveur. L'une de ses plus chères pratiques, dans cette oraison de la nuit : c'était comme on Ta dit déjà, de rendre ses devoirs d'adoration à Jésus, en s'unissant à ceux que lui offrent perpétuellement les Saints Anges, dans ce Sacrement adorable. Elle s'unissait encore à ces Esprits célestes, dans les louanges qu'ils rendent sans fin à la Très-Sainte Trinité, récitant de cœur avec eux le cantique : Saint, Saint, Saint, le Seigneur le Dieu des armées célestes ; le ciel et la terre sont remplis de sa

gloire ; comme aussi la doxologie : Gloire soit au Père, et au Fils, et au Saint Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Mais surtout elle s'offrait elle-même à Dieu, comme Hostie de pénitence, pour tous les pécheurs, en s'unissant à Jésus, l'agneau immolé pour les péchés du monde, notre seule Hostie de propitiation, auprès de son Père. Pour se donner ainsi à Jésus, et n'être avec lui qu'une seule victime, elle s'unissait avec Marie, qui a participé si excellemment à sa pénitence et à ses douleurs sur le Calvaire ; et qui dans le ciel, ne cesse de s'offrir et d'intercéder pour tous les pécheurs.

Jésus au Très-Saint Sacrement, l'objet de tous les sentiments de cette sainte Recluse, était encore le motif et la fin de ses occupations les plus ordinaires, dans les intervalles qui partageaient ses exercices de piété. Car, elle travaillait alors pour Jésus, à moins qu'elle ne fut appliquée à quelque ouvrage, pour les pauvres. Se rappelant, que dans la maison

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