LIVRE IV. — CHAPITRE I
Saint, sous la forme d'une colombe lumineuse, semblait répandre toute la richesse de ses dons ; et ayant les yeux élevés au ciel, fixés sur le monogramme de Jésus Sauveur des hommes. C'était pour signifier, que si le Saint Esprit fut toujours le prin cipe de ses actions : l'amour de Jésus et le salut des âmes, en furent la fin et le terme ; et on lisait au-dessous ces paroles, qui étaient comme une invitation, pour s'unir à ses dispositions intérieures : Avec Marie, par Marie, et en Marie. Cette sainte union était l'objet de toute l'application de la Sœur Le Ber, dans sa solitude. Ainsi, dans ses oraisons, à la sainte messe, dans ses communions, dans ses autres exercices de piété, en travaillant, en prenant ses repas ; enfin, dans tout le détail de ses actions: elle s'unissait par la foi, et par l'amour, aux dispositions intérieures de Marie, la priant de se rendre présente à son esprit, à son cœur, à toutes ses facultés, d'être le modèle de ses actions, et comme l'âme de son âme. Elle lui demandait enfin, de la remplir de son esprit, de la
pénétrer, de la posséder toute entière, afin de n'être plus qu'un simple instrument, dont cette divine Mère se servit à son gré, pour glorifier Jésus-Christ son fils.
Dans ce dessein, et afin d'entrer dans des sentiments de parfait abandon, entre les mains de Marie ; elle avait devant les yeux une seconde estampe, qui formait le pendant de la précédente. Elle représentait la Très-Sainte Vierge, recevant dans ses bras, et soutenant amoureusement l'âme fidèle, qui languissant de la durée de son exil, paraissait mettre toute sa joie, à reposer ainsi en Marie, à qui elle adressait une touchante invocation, qu'on lisait au-dessous ; et que la Sœur Le Ber récitait elle-même tous les jours, avec une vive et filiale confiance.
Ainsi, la dévotion à la vie intérieure de Marie, et le désir d'y participer sans cesse, étaient le secret divin et infaillible qu'elle employait, pour se rendre agréable à Jésus, en s'efforçant de se transformer de plus en plus en elle. Sa piété lui avait fait adopter, pour son vêtement, une étoffe de laine de