‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 153 sur 197 · LIVRE IV. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE III

même son ménage, et soigner sa maison.

" L'intention de la fondatrice, dit-elle, est " donc que ces filles, nourries et entrete- " nues dans le Pensionnat, y soient ins- " truites de tout ce qui leur est nécessaire, " pour être dans leur condition de bonnes " et véritables chrétiennes. Pour cela, on U leur apprendra (outre la doctrine chré- " tienne) à lire, à travailler aux ouvrages " qui leur sont propres, à faire leur linge, M leurs hardes, à les racommoder, à filer, à " tricoter, et à laver leur linge. En outre, " elles aideront, chaque semaine, l'une " après l'autre, à la cuisine, et aussi à " laver la vaisselle ; afin de leur apprendre " par là le ménage, et de les entretenir dans " l'humilité."

En exigeant qu'on les formât de la sorte, la Sœur Le Ber fit preuve d'une rare sagesse, et tout à la fois, d'une véritable affection pour ces enfants, qu'une éducation différente eut rendue la plupart malheureuses, dans la suite. C'est ce que ne montra que trop, l'exemple des pensionnaires de la célèbre maison de Saint-Cyr,

fondée par la munificence royale, pour de jeunes personnes de familles nobles, mais sans fortune. L'éducation brillante qu'on leur donnait, n'étant point en rapport avec leur état de pauvreté, ou de médiocrité extrême, faisait contracter à ces demoiselles qui n'avaient d'autres biens que leurs noms, des habitudes d'aisance, et des goûts de grandeur, qui ensuite contrastaient beaucoup trop avec leur état dans le monde, pour ne pas rendre leur existence triste et malheureuse. On sait que, pour épargner à un grand nombre ce malheur, M. Languet de Gergv, curé de Saint Sulpice à Paris, avait établi sur sa paroisse, la maison, connue sous le nom de TExfaxt Jésus, où de jeunes personnes, de familles nobles, mais déchues, étaient élevées, à peu près de la manière, que la Sœur Le Ber le prescrit ici pour ses pensionnaires. On les y exerçait à tous les détails d'une maison : à la couture, au ménage, à la cuisine, à laver, à repasser le linge, et même à faire du beurre ; et l'expérience montra combien ce genre d'éducation, était propre

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