LIVRE IV. — CHAPITRE III
à procurer leur bonheur. Au sortir de la maison de 1' Enfant Jésus, ces demoiselles, qui avaient des vues moins ambitieuses et des goûts plus simples, que celles qui sortaient de Saint-Cyr, s'établissaient aisément et convenablement, quoique sans fortune ; et, parla, en procurant la satisfaction de leurs familles, elles assuraient ordinairement leur bonheur temporel et leur salut. Nous faisons ici ce rapprochement, pour montrer, par cet exemple, qui eut l'approbation de tout Pans, ou plutôt de toute la France, la sagesse qui dirigea la Sœur Le Ber, dans sa fondation.
Elle y mit une autre clause : " Quant à i! l'écriture," dit-elle, " cet art n'étant pas " nécessaire à des filles pauvres : les y " appliquer, serait leur faire perdre un M temps, qu'elles peuvent employer à d'au- " très choses plus utilement. S'il s'en " trouvait néanmoins, quelques-unes qu'on "jugeât capables d'être Sœurs ou Reli- " gieuses, on pourrait leur apprendre à " écrire." Il ne faut pas que nos lecteurs soient étonnés de la recommendation que
fait ici la Sœur Le Ber, à l'égard de ces jeunes orphelines, destinées par la Providence à vivre du travail de leurs mains. En se montrant, par cette fondation, leur généreuse bienfaitrice, elle a fait preuve, par la recommendation même dont nous parlons ici, d'une rare intelligence pour procurer le bien général du corps politique de la société. Ce corps qui, de sa nature, a une multitude de fonctions si variées à remplir, a besoin aussi de membres propres à toutes ces fonctions diverses. Aussi voyons-nous que le Cardinal de Richelieu, qu'on ne peut pas assurément accuser de n'avoir pas procuré efficacement le bien public de la France, avait résolu de supprimer, dans ce royaume, tous les petits collèges, parce qu'il les jugeait plutôt nuisibles, qu'utiles au bien général. Il pensait que ces petits collèges, détourneraient des professions mécaniques, nécessaires au corps de la société, un certain nombre d'individus, appelés par la Providence à les remplir; et que voulant ensuite se pousser dans d'autres professions plus éclatantes,