‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 172 sur 197 · LIVRE IV. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE IV. — CHAPITRE V

" sommeil, ne s'est-elle pas dit à elle-même : u Le voilà qui regarde à travers les treillis, " derrière la muraille : je do?s, mais mon cœur " veille. O le saint, ô le doux pourparler ! " Amour créé, feignis-tu jamais rien de " semblable en douceur ? Mais n'est-ce pas " ravaler ces vérités, que de faire ici une " pareille comparaison ? Anges saints, n'est- " ce pas ce dont vous avez été les heureux " témoins? N'est-ce pas ce qui a excité en " vous une sainte jalousie ? Et pourtant, " que fais-je autre chose, par ces rappro- " chements de l'Écriture ; qu'affaiblir, ce " qui sera révélé un jour avec éclat ?

" Mais parlons de ce qui est indubitable- " ment connu. Elle se levait toutes les " nuits, comme on le pratique dans l'ordre " de Saint François, et dans les instituts " les plus austères, et faisait une heure " d'oraison, à genoux, au pied de l'autel " de l'Église qu'elle a fait bâtir. Dans le "silence de la nuit: alors que tous les 11 autres hommes étaient ensevelis dans le " sommeil, et qu'ils restaient muets aux " louanges divines : cette Vierge incompa-

" rable, comme une avocate dévouée, priait " pour toute l'Eglise : comme une sentim nelle vigilante, elle était debout pour sa M patrie : suppléant ainsi à l'impuissance " de ses concitoyens. Le froid si rude du <£ Canada, qui assiégeait cruellement son " corps, naturellement faible et délicat, " étrangement desséché et amaigri par les " pénitences, ne l'a jamais dispensée de cet " exercice de charité et de religion, pendant " vingt ans. Et c'est cette mortification, " ô Jésus époux de sang! qu'il vous a plu 11 employer comme l'instrument du mar- " tyre de votre épouse. C'est dans son M oraison de la nuit, qu'elle a reçu comme " le coup de la mort. Vous avez vous- " même immolé cette victime de louange " aux pieds de vos autels. Pendant vingt M ans, elle a brûlé devant votre tabernacle, M comme une lampe ardente et brillante ; " et vous-même avez éteint sur la terre H cette lampe de son cœur : mais, c'est " pour la rallumer dans le ciel, et la faire " briller comme un astre, qui éclairât cette " Édise.

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