‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 177 sur 197 · VÉCUT RECLUSE ET FUT INHUMÉE · texte numérisé non relu

VÉCUT RECLUSE ET FUT INHUMÉE

Après la mort de la Sœur Le Ber, on conserva religieusement sa modeste cellule et son laboratoire, ainsi que la plupart des petits meubles dont elle s'était servie. Les personnes qui allaient prier sur sa tombe, pour réclamer ses intercessions auprès de Dieu, visitaient ensuite avec respect sa cellule ; et en la considérant, il leur semblait, qu'elles participaient à l'esprit de la sainte Recluse, que ce lieu, témoin de sa ferveur, rappelait sensiblement. Mais un furieux incendie consuma en 1768, et la cellule et tout ce qu'elle

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renfermait, ainsi que l'Eglise et la maison de la Congrégation. L" Eglise ayant ensuite été reconstruite sur les fondements de la première, on fit servir pour l'allonger, le petit espace qu'occupait auparavant la cellule, qui fut ainsi convertie en sanctuaire où reposa depuis le Très-Saint Sacrement. Enfin dans ces dernières années, comme cette Eglise ne répondait plus aux besoins de la population, considérablement accrue à Ville-Marie : les Sœurs de la Congrégation viennent de s'imposer à elles-mêmes des sacrifices considérables pour en faire construire une troisième, plus riche que les précédentes, sur un plan plus vaste, et du style grec, mais toujours dans l'emplacement de la première.

Ainsi, l'Eglise qu'on voit aujourd'hui dans le jardin de la Congrégation, renferme le sol de l'ancienne, qui s'étendait dans sa longueur, depuis la porte d'entrée de la nouvelle Eglise, jusqu'au milieu de cette dernière ; et c'est là, au côté droit en entrant, que reposent les restes précieux de notre sainte Anachorète, auprès du monument qui la représente sur son lit de mort. Vers l'année 1822, sa tombe ayant été ouverte, on trouva que ses ossements aussi bien que ses chairs étaient réduits en poussière ; on attribua avec raison, la décomposition des os et leur résolution en cendres

à la frêle constitution de la Sœur Le Ber, affaiblie encore par tant de privations et une si austère pénitence.

Le milieu de la nouvelle Eglise est donc ce lieu de grâce et de bénédiction, où elle a passé les vingt dernières années de sa sainte vie ; et où, comme une victime publique de pénitence, elle s'est offerte tant de fois et avec tant de ferveur à Dieu, pour le salut de ses concitoyens, surtout pour la sanctification des jeunes personnes. Si dès le moment de son entrée dans ce lieu, elle n'a jamais cessé d'y être présente de corps : on aime à croire que depuis son entrée au ciel, elle est toujours présente en esprit, dans ce sanctuaire de la terre ; et qu'elle y continue avec plus d'efficacité encore, consommée qu'elle est maintenant, dans la source même de la charité, le ministère de zèle qu'elle y avait commencé durant sa vie, et dans lequel elle persévéra avec tant de constance jusqu'à sa mort.

Sa solitude profonde dans ce lieu, sa vie admirable et toute céleste, qui semblait l'égaler aux Anges, ne peuvent guère avoir aujourd'hui d'imitateurs parmi nous ; mais son zèle ardent pour la conversion des pécheurs, est bien digne de servir de motif et de modèle à toutes les âmes jalouses de procurer la gloire de Dieu et le salut de leurs frères. Qui peut douter qu'elle n'éprouve une

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