PÈLERINAGE A L'ÉGLISE
sainte joie, en voyant des personnes ferventes, venir prier pour cette fin, dans ce même lieu ? Peut-on refuser de croire qu'une âme si charitable ne s'unisse à elles, pour faire de concert, les mêmes demandes, et ne joigne ses prières aux leurs ; qu'enfin, elle ne voie ses désirs accomplis, en trouvant ainsi d'âge en âge et dans ce même lieu, des héritiers de son zèle ?
Tel est en effet le dessein de la divine Miséricorde : elle veut être priée et sollicitée dans le sanctuaire dont nous parlons. Non contente d'avoir inspiré autrefois à la Sœur Le Ber, de s'y renfermer comme une victime publique de pénitence, elle l'a fait dédier, de nos jours à Marie, refuge des pécheurs, et le lui a consacré solennellement comme un lieu de pèlerinage nouveau, où tous sont invités à venir solliciter le pardon, et obtenir pour eux et pour les autres, toute sorte de grâces par Marie, qui en est la dispensatrice universelle. N'est-ce pas pour attirer en foule, aux pieds de Marie, les justes et les pécheurs, que Dieu a enrichi ce sanctuaire d'une statue miraculeuse, honorée en France, depuis cinq ou six siècles, comme ayant été l'occasion d'une multitude de guérisons et d'autres sortes de faveurs ? Le souvenir de la ferveur de la Sœur Le Ber, déjà bien affaibli par le laps des temps, et son genre de vie
si étonnant, qui surpasse les forces de la nature humaine, auraient été peut-être de trop faibles motifs, pour amener les fidèles en grand nombre dans ce lieu. Dieu a voulu les y attirer par un motif d'intérêt personnel, et par un objet de vénération qui leur fût plus sensible. C'est ce qu'il a fait en donnant à la Congrégation et en plaçant dans ce sanctuaire, cette statue miraculeuse, comme l'événement Ta heureusement montré.
A peine est-elle arrivée en Canada, qu'une multitude de personnes se sont senties intérieurement attirées à recourir à Marie, la Mère de douleur, et à la prier devant cette sainte image, qui exprime avec autant de naturel que de dignité, l'excès de son amour pour les hommes. De temps immémorial, les fidèles qui vénéraient cette statue, demandaient par dévotion de l'huile de la lampe qui brûlait devant elle, et en fesaient des onctions sur les malades, avec une confiance, que Dieu daigna exaucer dans une multitude d'occasions. Chose étonnante, et qui montre bien, que Dieu veut, à l'occasion de cette statue, renouveler en Canada, les mêmes faveurs qu'il accordait autrefois en France : les fidèles de Ville-Marie, qui les premiers, sont venus la vénérer, ont aussi demandé eux-mêmes, par un mouvement spontané, de l'huile de la lampe que les Sœurs de la Congrégation