‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 22 sur 197 · LITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LITRE PREMIER

ENFANCE DE MLLE LE BER. SON SÉJOUR AU PENSIONNAT DES URSULINES À QUÉBEC.

CHAPITEE I.

FAMILLE DE M"« LE BER. SA NAISSANCE. SON BAPTÊME. SA PREMIÈRE ÉDUCATION.

Jeanne Le Ber, dont nous écrivons la vie, eut le bonheur de naître d'une des familles les plus vertueuses, que Dieu ait données au Canada. Son père, Jacques Le Ber, natif de Pistre au diocèse de Rouen, touché du désir de consacrer ses services et sa personne, à l'œuvre sainte de Ville-Marie, ne dégénéra pas du noble et généreux dévoue-

ment, qui lui avait fait quitter son pays et sa famille ; et Dieu, pour l'en récompenser, même dès cette vie, lui donna le centuple promis dans l'Écriture, à ceux qui laissent tout pour son amour.

Outre la paix et la joie du cœur, le seul vrai bonheur que l'homme puisse goûter ici bas, M. Le Ber trouva, dans son sacrifice même, tous les biens de la terre, à l'acquisition desquels il semblait avoir renoncé, en voulant prendre part aux périls et aux privations inévitables de ces premiers temps de la colonie. Par la bénédiction que Dieu donna à ses entreprises commerciales, il devint bientôt le plus riche négociant du Canada, et l'un des hommes les plus considérés de la Nouvelle-France. Sa charité généreuse envers les pauvres, sa probité parfaite dans les affaires, la haute profession qu'il fit toujours des vrais principes de la foi et de la morale chrétienne, enfin, son zèle désintéressé pour le bien public, lui méritèrent ajuste titre, l'affection et même la vénération de ses concitoyens, la considération et la confiance des gouver-

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