‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 23 sur 197 · LITRE L — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LITRE L — CHAPITRE I

neurs, et l'estime particulière du souverain, qui daigna l'honorer ainsi que tous ses descendants, des prérogatives attachées alors à la noblesse. (*)

Mais un avantage plus précieux encore, ce fut de trouver à Ville-Marie, dans la personne de Jeanne Lemoyne, sœur de Charles Lemoyne, depuis baron de Longueuil, une épouse digne de lui, pour ses vertus, et pour l'élévation de ses sentiments ; et qui, de concert avec lui, sut inspirer aux enfants que Dieu leur donna,

(*) Louis XIV anoblit la famille Le Ber, par ses lettres patentes du mois de novembre 1696 ; et Louis XV la maintint dans sa noblesse, par arrêt du 9 mars 1*717. M. Le Ber prit le titre de Le Ber de Saint Paul, du nom de l'Ile dont il possédait les deux tiers. Ce3 deux tiers formaient alors un seul fief, avec toute justice, quoiqu'ils fussent aux deux extrémités de l'Ile; et Claude de Robutel de St. André, possédait le troisième. Zacharie de Robutel, Sieur de Lanoue, fils du précédent, céda par échange les deux tiers de ce troisième tiers, aux Sœurs de la Congrégation; et Anne de Robutel sa sœur, leur vendit le restant de ce tiers, l'année suivante. De sorte qu'elles acquirent alors un tiers de l'Ile St. Paul, qu'elles possédèrent enfin dans son entier, l'année 1769.

l'amour des plus pures maximes de l'Évangile. Celle dont nous écrivons la vie»

naquit à Ville-marie, le 4 de janvier de l'année 1662, et fut baptisée le même jour» dans l'église paroissiale, par le supérieur du Séminaire, M. Gabriel Souart. Cette enfant de bénédiction, qui devait être un jour, par la sainteté et l'héroïsme de sa vie, l'honneur et la gloire de sa patrie, était bien digne d'être présentée à Dieu sur les fonts sacrés du baptême, par les deux personnages illustres, à qui la colonie devait sa conservation et même son établissement. Elle eut en effet pour parrain, M. Paul de Chomedey de Maisormeuve, envoyé par les seigneurs de l'Ile de Montréal, en qualité de gouverneur, qui jeta les fondements de cette colonie ; et pour marraine, Mademoiselle Mance, institutrice et première administratrice de l'Hôtel-Dieu, qui prit aussi la plus grande part à l'établissement du pays, comme on le voit dans la Vie de cette fille admirable.

En présentant la nouvelle-née au Saint Baptême, MUe Mance ne lui donna d'autre

Page 1