‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 56 sur 197 · LIVRE II. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE II

Une personne aussi dévouée à Marie, et aussi désireuse de la faire connaître et aimer, que l'était Mlle Le Ber, ne pouvait en effet connaître la Fondatrice de la Congrégation, sans concevoir pour elle l'affection la plus sainte et la plus étroite. Car la Sœur Bourgeoys n'avait quitté sa patrie et ses parents, et ne s'était condamnée aux plus dures privations, que pour porter dans les esprits et dans les cœurs des jeunes personnes de cette colonie naissante, la connaissance et l'amour de Marie. C'était ce qu'elle n'avait cessé de faire depuis son arrivée dans le pays. Il est même à remarquer qu'en l'année 1678, un an environ depuis que Mlle Le Ber était sortie du pensionnat, la Sœur Bourgeoys, venait de faire construire la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours, dans l'intention d'augmenter par ce moyen, la dévotion envers Marie, comme elle-même nous l'apprend dans un acte public, qu'elle déposa au greffe de cette ville, le 24 juin de la même année. " Et d'autant que les filles de la Congréga- " tion," dit-elle dans cet acte mémorable,

" désireraient que la dévotion qu'elles ont '; toujours eue, pour la Très-Sainte Vierge " leur mère, la fondatrice et la protectrice " de leur maison, s'augmentât de jour en "jour, se rendît encore plus publique au " Mont Real, qu'elle ne l'a été jusqu'à pré- " sent, et se perpétuât à la postérité ! elles " ont demandé et obtenu, que la chapelle " construite par elles, fût une annexe de " leur paroisse, pour y servir de dévotion " publique, et pour y faire honorer la trèsil Sainte Vierge, sous le titre de Notre-Dame " de Bon-Secours." Cette déclaration prophétique, que fait ici la Sœur Bourgeoys, dont l'accomplissement littéral se vérifie chaque jour à nos yeux, par le concours spontané d'une multitude innombrable de pèlerins qui en ignorent entièrement l'existence : cette déclaration, visiblement inspirée de Dieu, suffirait seule pour démontrer la mission divine de la Sœur Bourgeoys dans cette colonie ; et montre aussi de quel esprit de discernement et de sagesse divine MUe Le Ber était animée, en

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