‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 69 sur 197 · LIVRE H. — CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

LIVRE H. — CHAPITRE IY

étant convaincue, que pour l'édification de cette Eglise naissante, il demandait d'elle qu'elle se séparât du monde, et même de la société de ses parents : elle ne pouvait balancer, un instant, sur le parti qu'elle avait à prendre. En cela même, elle trouvait le modèle de sa propre conduite, dans l'Enfant Jésus, qui pour obéir aux ordres de son Père céleste, s'était séparé de Marie et de Joseph, malgré les larmes que cette séparation, devait faire verser à l'un et à l'autre, et malgré le grand amour qu'il leur portait. Enfin, elle savait, que Jésus, après avoir donné dans sa propre personne, cet exemple de fidélité à la voix de Dieu, l'avait confirmé encore, dans la suite par cet oracle, sorti de sa bouche adorable : Celui qui pour le royaume de Dieu, c'est-à-dire pour l'Eglise, quittera son père et sa mère, ses frères et ses sœurs, recevra le centuple dans ce monde, et dans Vautre, la vie éternelle.

De leur côté, les pieux parents de Mllc Le Ber, qui l'aimaient très cordialement, ne l'aimaient pas pour elle-même, quoiqu'elle fut très-aimable très-vertueuse et accom-

plie. Ils l'aimaient comme étant l'image' et le temple vivant de Dieu ; et en l'aimant ainsi, c'était Dieu qu'ils aimaient en elle ; bien différents de ces parents, qui n'ayant point cette vue de Dieu, se rendent idolâtres de leurs enfants, et, ne rapportant pas à Dieu l'affection que les enfants leur témoignent,la retiennent pour eux-mêmes, comme autant d'idoles. Monsieur et Madame Le Ber, fidèles à lui renvoyer les marques d'affection, qu'ils recevaient de leur fille, s'efforçaient d'imiter, en cela Marie et Joseph, qu'ils avaient pris pour leurs modèles. Car, dans les marques de tendresse, que Marie et Joseph donnaient à l'Enfant Jésus, ils ne cherchaient pas la satisfaction de leur sensibilité naturelle. Ils se proposaient toujours de témoigner par là leur amour sensible à la divinité du Verbe : leurs caresses ayant pour motif, non le corps de Jésus, mais la Divinité qui y était unie ; comme dans la Sainte Eucharistie, nous n'adorons pas, pour lui-même, le corps du Sauveur; nous l'adorons pour la Divinité qui en est inséparable. Les premiers chrétiens,

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