‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 70 sur 197 · LIVRE II. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE IV

qui étaient remplis de l'esprit de la Sainte Famille, aimaient de la sorte leurs enfants. Nous lisons, entre autres de Saint Léonide martyr, que " souvent, pendant le sommeil " du jeune Origène, son fils, il s'approchait " de lui, lui découvrait l'estomac, et le " baisait avec respect, comme étant le tem- " pie de l'Esprit de Dieu."

Aussi, Monsieur et Madame Le Ber, lorsqu'ils connurent clairement la volonté de Dieu sur leur fille, n'eurent garde d'y mettre obstacle, quelque douleur qu'une telle privation dût leur causer. Ils savaient que Marie et Joseph, leurs modèles, non seulement n'auraient pas empêché l'Enfant Jésus de les quitter, même pour toujours, malgré l'affliction inconsolable que leur eût fait éprouver une si dure séparation, mais qu'ils auraient eux-mêmes pressé l'Enfant Jésus d'obéir, si Dieu leur eut demandé ce sacrifice.

Nous ne devons donc pas être étonnés, que Mlle Le Ber, nourrie, dès l'enfance, de ces pures maximes de la vie chrétienne, par

ses pieux parents, ait triomphé, à son tour,

avec tant de courage, de sa sensibilité naturelle pour eux, ou plutôt, qu'elle ait pu, au commencement, employer les prières et les instances, pour les déterminer à faire généreusement leur sacrifice. L'Esprit- Saint qui était en elle, produit toujours dans le cœur des enfants vraiment chrétiens, ce zèle pur et magnanime, pour aider les parents à satisfaire à leurs devoirs de conscience. Origène, l'enfant dont nous venons de parler, ayant appris que Léonide, son père, avait été jeté en prison par les persécuteurs, fit tous ses efforts pour aller le trouver, afin de l'exhorter au martyre ; en sorte que sa mère, ne pouvant le retenir par ses prières, ni par sa tendresse, fut réduite à lui cacher tous ses habits, pour le contraindre à demeurer dans la maison. Ne pouvant sortir, il écrivit à son père une lettre très pressante, où il lui disait entre autres choses : " tenez ferme, et ne vous " mettez point en peine de nous." C'est qu'Origène avait six petits frères, tous plus jeunes que lui.

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