‹ L'héroïne chrétienne du CanadaChapitre 75 sur 197 · LIVRE II. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CHAPITRE V

temps qu'il fit, l'hiver aussi bien que l'été. Elle sortait toujours accompagnée de la personne qui la servait; et marchait les yeux constamment baissés, soit en allant, soit en revenant. Elle sortait aussi les jours de fêtes et de dimanches, pour assister à la grand'messe et aux vêpres.

Voici quelle était la distribution de son temps, et les exercices de piété auxquels elle vaquait tous les jours : outre une heure d'oraison, qu'elle faisait le matin, elle récitait très dévotement une partie du petit office de la Sainte Vierge ; et à onze heures, elle faisait V Examen particulier^ comme elle l'avait vu pratiquer par les Sœurs de la Congrégation. Dans l'aprèsmidi, elle employait une demi-heure à faire une lecture spirituelle, récitait le reste du petit office, le chapelet; et le soir, après son souper, elle faisait oraison pendant une demi-heure. Enfin, la nuit elle se levait, sans feu, même dans les plus grands froids de l'hiver, et aussi sans lumière, pour n'être remarquée par personne ; et, se tournant du côté du Très-Saint Sacrement, dont elle

voyait, par sa fenêtre, luire la lampe qui brûlait dans l'Église, elle faisait encore oraison pendant une heure entière. Elle trouvait, ses plus douces délices, à prier ainsi au milieu du silence de la nuit, Jésus- Christ au Très-Saint Sacrement ; et à s'unir aux saints Anges qui l'y adorent sans cesse ; s' efforçant de suppléer, disait-elle, aux hommages que ne lui rendaient pas alors les chrétiens, plongés dans le sommeil.

Tel fut le genre de vie qu'elle pratiqua pendant les cinq années de son épreuve, et qu'elle continua, tant qu'elle demeura enfermée dans la maison de son père : c'est-àdire depuis l'année 16S0, jusqu'en 1695, qu'elle se retira à la Congrégation, comme nous le dirons, après que nous aurons raconté quelques traits dignes de remarque, arrivés lorsqu'elle était encore dans la maison de ses parents.

La séparation totale du monde à laquelle MUe Le Ber s'était condamnée: cet éloignement de toute société et de toutes visites, même de celles de ses parents, est sans contredit ce qu'il y a de plus étonnant

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