‹ L'héroïne chrétienne du Canada ou Vie de Mlle Le Ber [microforme]Chapitre 109 sur 220 · A D'ÉU SA FILLE UNIQUE · texte numérisé non relu

A D'ÉU SA FILLE UNIQUE

Dans l’acte de la réclusion de la Sœur Le Ber, M. Dollier de Casson, parle ainsi de la générosité de son vertueux père :

‘ Le 6 Août, je bénis la Chapelle ; et incon- ‘“ tinent, on célébra la grand’ messe: ce ‘ qu’on accompagna de toute la symphonie, ‘ dont le Canada pouvait être capable ; il “y eut grand monde: entre autres per- “ sonnes, M. Le Ber. Le jour précédent ‘il avait bien amené sa très chère et ‘ unique fille à la Congrégation ; mais, par ‘ excès de tendresse, n'ayant pu assister à ‘ Ja cérémonie de l'entrée : il viut à celle «“ du lendemain, pour témoigner que, mal-

“ gré les excès de son amour paternel,

“ c'était de bon cœur qu'il consacrait à ‘ Dieu, pour sa gloire, et pour le bien de “ce pays, cette unique consolation du “ reste de ses jours, s’immolant avec sa ‘“ très chère fille au Tout-puissant, pour le même sujet. En sorte que Dreu a deux “ victimes recluses dans ce lieu ; car s’il a “ le corps et l'esprit de la fille, on ne peut ‘ pas douter, qu’il n’y ait aussi le cœur de ‘ ce très bon père, qui reste sans secours ‘ dans le monde, âgé de 64 ans.”

On ne peut s'empêcher d'admirer ici, combien fut magnanime et au-dessus de tout éloge la -ertu de M. Le Ber. Quel père dut jamais avoir pour sa fille une affection, plus vive, plus tendre ? Il n'avait que cette fille unique, il était vœuf et sans consolation, En le considérant, marcher avec elle vers le lieu du sacrifice, on eut cru voir Abraham, conduisant son fils, Isaac, au bûcher. Il est vrai qu'accablé, sans être pourtant vaincu, par ses violents assauts, que lui livrait la tendresse paternelle : la nature sembla, an instant, défaillir en lui; et M. Le Ber, qui avait montré

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