‹ L'héroïne chrétienne du Canada ou Vie de Mlle Le Ber [microforme]Chapitre 65 sur 220 · LIVRE II, — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE II, — CHAPITRE III

saintes, au contraire, les unissent toujours plus étroitement à lui, qui seul en est la source et la fin. Bien loin d’être éteintes par la mort, elles en deviennent plus étroites et plus pures; et excitent en nous le désir de nous réunir à nos amis, dans le sein de DrEu, en nous rendant les imitateurs de leurs saints exemples: tandis que les amitiés humaines, dans les personnes qui ne voient et n’espèrent rien au-delà de la tombe, ne peuvent laisser à la mort, qu’amertume, afliction et désespoir.

Une jeune fille de la ville de Corinthe, étant venue à mourir, sa nourrice qui l’aimait tendrement, alla, dans sa désolation, déposer sur la fosse de la défunte un panier d’osier, renfermant quelques petits objets, que celle-ci avaient aimés durant sa vie; et le couvrit d’une tuile, pour empêcher que la pluie ne les endommageût. (*) Ce vain et stérile hommage, fut tout le bien

(*) A l'endroit sur lequel le panier fut posé, (ajoute Vitruve, qui rapporte ce trait), se trouvait, comme par

hazard, une racine d’acanthe. La plante vint à pousser

qu’une payenne put faire à celle qu’elle pleurait; ce fut tout ce qu’elle put pour lui témoigner son affection, et pour se consoler elle-même du cruel et lugubre spectacle de cette mort, qui remplissait sa vie de tristesse et d’amertume. C'était toute la consolation des payens, à la mort de leurs amis ou de leurs proches: Dieu n'ayant pas encore renoué par l’Incarnation, les liens qui nous attachent à lui: ils n’en-

au printemps; et sortant par les ouvertures que le pied du panier laissait tout autour, les feuilles et les branches de l'acanthe s’élevèrent de toute part, et se recourbèrent sous les coins de la tuile, de manière à former une sorte d'enroulement très gracieux. Le sculpteur Callimaque, surnommé L'industrieux par les Athéniens, l'ayant apperçue, fut frappé de l'élégance que la disposition fortuite des feuilles, semblait donner à ce panier ; et jugea qu'un ornement de même forme, couronnerait dignement le füt des colonnes, qu'on avait coutume d'employer dans la construction des édifices, En effet, dans les mains de cet habile artiste, cet objet prit ce tour élégant et cette noblesse, qui règnent dans la magnifique composition des chapiteaux Corinihiens; et telle fut l’origine de ces chapiteaux, qui prirent leur nom de celui de la ville de Corinthe, où l’on commença d'en faire usage,

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