‹ L'héroïne chrétienne du Canada ou Vie de Mlle Le Ber [microforme]Chapitre 79 sur 220 · LIVRE II, = CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, = CHAPITRE V

Ils furent cependant d’avis, qu’au lieu de s’y engager irrévocablement, comme elle le désirait, elle commençat par faire un simple essai de cette manière de vivre ; et déterminèrent la durée de cette sorte de noviciat à cinq ans, à pa.tir de cette année 1680 ; en y mettant pour condition expresse, que le directeur de Mie Le Ber, pourrait y apporter toutes les restrictions et tous les adoucissements, que les circonstances imprévues rendraïient nécessaires.

Elle n’eut pas plutôt obtenu cette permission, que sans différer d’un jour, elle se renferma dans le modeste appartement destiné à être le lieu de sa retraite, et l'unique témoin de sa ferveur. La maison de son père, qui avait son entrée sur la rue Saint Paul, se trouvait dans le voisinage de l'Eglise Paroissiale, qui était alors celle de l’HoTez-DrEu ; et avait même vue, de ce côté, sur le chevet de cette Eglise. Ce fut dans cette partie retirée et solitaire de sa maison, qu’elle voulut vivre désormais, sans avoir de communication qu'avec la personne chargée de lui apporter ses ali-

si S : C me RER TE Le Bree +: He a TT armes De 2 Si res ve = ,

it" ti ÿ | til t É k

jé Hi nn a ‘#4

ments, et seule autorisée à entrer dans sa cellule, en cas de nécessité absolue.

A peine s’y fut-elle renfermée, que se considérant comme une victime d’expiation pour elle-même et pour ses concitoyens, elle se couvrit le corps d’un rude cilice de crins, auquel elle substituait à certains jours, une ceinture de même matière. Elle ne fut, jamais, depuis, sans l’un ou l’auve de ces instruments, ou sans quelqu’autre plus meurtrier encore ; et en outre, elle macérait souvent son corps par de sanglantes disciplines. Ces austérités, dans une jeune personne d’un tempérament faible et délicat, dont la vie d’ailleurs avait toujours été si sainte, auraient de quoi nous étonner : si nous ne savions que les âmes les plus innocentes, sont aussi celles que l'esprit de pénitence, porte le plus à ces saintes cruautés, comme étant plus dignes, par leur ressemblance avec JÉsus-CHRisT, l’agneau sans tâche, d’être victimes pour les pécheurs.

Dans son nouveau genre de vie, elle n’avait plus de ménagement à garder vis-à-vis

Page 1