LIVRE II, —— CHAPITRE V
du monde, avec lequel elle ne devait awotr désormais aucun commerce. Elle ne voulut donc plus porter d'autre linge, sur ses instruments de pénitence, que d’une toile très grossière, de qualité inférieure à celle même, dont les plus pauvres gens, avaient alors coutume d’user ; et n'avoir plus que des vêtements de laine, sans aucune sorte d'ornements et d’une forme très simple. Sa nourriture se ressentait de la simplicité et de la pauvreté de son vêtement. S'il arrivait qu’on lui présentât quelque mets plus délicat, ou plus recherché : elle ne le recevait, que pour cacher sa mortification ; car le plus souvent elle n’y touchait pas.
Elle priait même la personne qui la servait de lui apporter secrètement les restes de pain, que les domestiques avaient laissés ; ce que l’autre ne faisait qu'avec une extréme répugance, quoiqu’elle sut fort bien qu’elle ne pouvait lui procurer un plus grand plaisir ; et ainsi, ces restes étaient son pain le plus ordinaire. Encore, de ces aliments très communs, et de ce pain quelquefois dégoûtant, elle ne prenait qu’une quantité