LES INDIENS
On touchait à la mi-septembre de l’année 1818. Depuis deux heures, la nuit déployait son aile noire sur les campagnes de la seigneurie de Beauharnoïs. Le vent hurlait avec fracas au dehors, en tordant les rameaux des vieux cèdres et le Saint-Laurent roulait impétueusement ses flots courroucés.
—J'ésus, mon doux sauveur, que peut donc faire Marie si tard? dit une vieille femme assise à l’intérieur d’une cabane, située sur le bord du fleuve, vis-à-vis de la Grande Isle.
—Marie est une digneet courageuse fille,répondit un homme déjà âgé, qui réparait un filet, à la lueur d’une chandelle jaunâtre et nauséabonde; sans elle,
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