LE CONFLIT GERMANO-SLAVE
l'Europe entière, non pour l'indépenclance albanaise, non pour le débouché de la Serbie nouvelle sur l'Adriatique, mais pour décider si l'heure est venue, dans la rencontre suprême des Teutons et des Slaves, de la décadence germanique.
Devant cette redoutable échéance, comment s'étonner des hésitations qui troublent les gou- A-ernements? Car il ne faut pas se lasser d'opposer au sophisme socialiste ce grand enseignement de l'histoire. Si la guerre doit éclater, ce sera l'irrésistible mouvement des peuples, la poussée formidable des races qui l'aura déchaînée, ce ne sera pas la volonté des chefs d'Etats.
M le vénérable souverain de la monarchie autrichienne, inquiet du devoir terrible qui s'offre à ses dernières années ; ni le Isar pacifique, débordé par les impétuosités de l'âme slave ; ni l'empereur allemand, effrayé des hasards qui pourraient menacer l'œuvre magnifique de son règne, aucun de ces arbitres du monde ne voudrait le jeter dans le formidable inconnu de la guerre générale. Et je ne parle pas de l'Angleterre, dont les ministres croient se défendre des responsabilités prochaines par la stérile évocation
des horreurs du champ de balaille ; je ne parle pas de la France, qui fait, avec une insistance irréfléchie, de la paix, tout son programme politique.
Personne, en Europe, ne veut la guerre. Et, cependant, elle s'avance k pas constants, à travers les intentions et les craintes, les efforts et les conseils, conduite par la force aveugle des situations et des événements. M. de Bethmann- HollAveg la dit hier, au Reichstag, en termes qui ne laissent place à aucune illusion : a Si nos alliés, au moment oij ils feront valoir leurs droits, étaient, contre toute attente, attaqués d'un troisième côté et se trouvaient ainsi menacés dans leur existence, nous devrions, fidèles à notre devoir, nous placer avec une ferme résolution à leurs côtés ».
Toutes les protestations pacifiques, tous les encouragements donnés au concert européen, prodiguées aux initiatives françaises, devaient nécessairement aboutir là, à cette nette et précise affirmation de la solidarité germanique.
J'ignore quelle sera, demain, devant la Commission des affaires extérieures, la déclaration de M. le Président du Conseil. Mais je ne puis