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LA CONFEIIENCE DES AMBASSADEURS

l'hisloire de ce pays, tout imprégné de vie et de culture latines, à qui le chancelier allemand ne voulut concéder l'indépendance, que pour faire de lui, sur la route des Indes, un des postes avancés de la Germanie, et le livrer, avec l'aveugle assentiment de la France, à l'invasion juive, malgré la douloureuse résistance de son prince et l'unanime protestation de son peuple. La Roumanie, écartée de Silistrie, privée de la fertile Bessarabie, a gardé le souvenir de Berlin, et les barrières qui la serrent entre les Slaves de Russie et ceux de Bulgarie étreignent son âme ardente. Elle reste liée à la France par l'esprit. Mais son roi est Holienzollern, par le cœur comme par le sang, et la fidélité dynastique, autant que l'intérêt politique, l'incline vers l'hégémonie prussienne. Ce n'est pas par hasard que l'empereur d'Autriche vient d'envoyer le général HœtzendorfP à Bucarest, avec une lettre autographe pour le roi Carol, à l'heure même où le tsar de Russie, en mémoire de Plevna, lui faisait porter le bâton de maréchal. Entre les deux tentateurs, le choix est fait. Et c'est pourquoi, à cette heure même, la Roumanie, impatiente de sa neutralité propice aux Bulgares, se tient sous les armes, frémissante et prête à la guerre.

Voilà les dangers qui, de toutes parts, menacent les alliés des Balkans. Qui les défendra? L'Angleterre, incertaine, paraît les accueillir comme des suspects plus que comme des clients. La Russie, immobile, semble attendre son heure, tournée vers Constantinople, comme disait Lamartine, « avec la patience de la certitude ».

Et la France ? Pourra-t-elle, voudra- t-elle, en galvanisant ses amis, en stimulant ses alliés, les rappeler au juste sentiment de leurs intérêts, et faire, avec eux. de la Confédération, ce qu'elle doit être, le rempart oriental de l'Europe contre la puissance de l'Allemagne ? Ou l'immense désillusion de la paix germanique va-t-elle, encore une fois, tomber sur les enthousiasmes et ies espérances d'hier .^

Mais, il est vrai, avant de soulever ces questions, il en faudrait poser une autre. A a-t-il encore une Confédération balkanique?

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