L'heure du Berger roman de Cl. le Petit
Nous croyons être agréable aux bibliophiles et aux amateurs de la littérature enjouée du xvii® siècle en leur offrant VoeeBsk>n de faire connaissance avec ujbe production originale et devenue bien difficile à rencontrer.
Il s'agit de V Heure du Berger^ livret qui a plusieurs mérites, d'abord celui d'être court (et ce n'est pas à dédaigner), ensuite celui d'être original et amusant.
Le savant auteur du iîànud du Libraire, dont la sévérité de goût est aussi incontestable que l'érudition) M. J. Gh. Brunet, a fait à cet opuscule Thonneur de le sigbafer comme' une f aîCétié^ àpiïitueïlé en prose et en vers^
Il faut d'ailleurs être indulgent pour ce Dem^Romofii, comique ou Bomm demy-
comiqm^ s'il est vrai, comme le prétend.
l'auteur, que « c'est le travail de deux jours et demy ; » il invoque à cet égard l'irrécusable témoignage de sa servante.
Nous n'avons pas le projet de parler ici de Claude Le Petit, brûlé en place de Grève ; nous lui réservons une notice spéciale. Nous dirons seulement que V Heure du Berger^ quoique renfermant quelques joyeusetez , quelques images ,
se ressentant des lieux que fréquentait rauteùr, » lie doit poim cependant effaroucher les gens scrupuleux; auraientils le droit de se montrer plus rigoureux que Sa Majesté Louis XI Y qui, le 18 novembre 1661, signait Bn sen tonsèil,' à ïpntainebleau, un privilège en faveur de l'éditeur de'CBtte prodtiction K
t On peut nous objecter cependant qu'il existe quelques livres à bon droit redoutés des ciiastes lecteurs et n'idnis dë l'approbation officieilë. Xe Lwf^ de folaétHès à'Jatm^», lô5d;'paHît avec privilège du'Ptarlenient. Le Recueil des^'plus excellents vers satyriqucs de ce temps, Pari^:, An toine EistoCy 1617, contient presque toutes les pièces du Cabinet satyrique^ et cependant il futimprïiiîé avec privilège i-byâVNôdë 'éfviAe-etr Bouë les* yeux une édition del'Espddonsati/rigwede Claude
Diyiiizeo by
{.e Pelâ( ét^t y^ç^é clau§ \^ lit.f^f f^fure espagnole, ainsi que nous aurons occasion 4q le démontrai: ; c'est ù d^s auteurs egpstgpols qu'i^ emprunta Tidée de xnê.lgr 4 89 pitÇBe, des passager vers. Oa rêgiîirquera que ces ù-agjc^çflts ptp^ét^quçs sont signés Fi]iett,e, anag^çan^ne tic P,etit. Lft voile eat tra.asparent.
V Heure du Berger nous ojEÇre d'ailleurs quelques détails diguç^ d'être rçleyés.
D'abord ime dédicace enjouée à un h^von, liQAgrois, çol(fp,el ia^agi^^aixe. d' wi régimenl; de Visigolhs. C'est, nous le croyons., un des pi;§n}ier$ çjLem]^le^ ces épîtres dédicatoires plus ou moips facétieuses, dont la littérature badine du xviii« siècle nous offre plusieurs exemples. £{o.us nous bornerons à rappeler la dédicace, des Mémoires turcs à madp-
d'Esternod, Lyon, Jean Lautret, 162C, revêtue de l'approbation dç M. de Sauzet, lieutenant civjl à Lyon. Nous pourriona multiplier ces indica» tinns, mais nous nous arrêterons ici en signalant le singulier motif énoncé en 1631 dans le privilège accordé par le chaste Louis XIII aux cyniques cbansons de (xauiier^Qarguille^: de peur que des con^efaeiems ne i>iennent aé^ouet^ quelques autres chansons plus dissoli^es^.
moiselle Dnthé , et Mlle de» Sdnnetks au
serrurier Ledru *.
Une HisUrire allégorique^ épisode ((ai remplit le quart environ du livret qui nous occupe, ùVte fa descri{rtfôii éê la ville de Somattej c'est-à-dire du corps humain. C'est une contre^partie un peu trop téméraire parfois de la célèbre Carte de Tendre^ et ce système d'allégories se retrouve dans quelques livrets iaisâmt partie des bibliothèques galantes contemporalues de Louis XYI {CUon^ rhétmr cyrénéen, Description du pays de la Foret NùitBy siiui dans la profrincé dé itoryland^ etc.)
* Il est inutile de rappeler à quelle bouffonoerie ce malin serrurier dut sa réputation et sa fortune. Guiard de Servigny, l'auteur du roman en question, s'adresse en ces termes au sieur Ledru : « Je ne vous connais que par l'in- « génieuse enseigne qui vous a acquis une ré- « putation si briUante et si bieiv motivée. To^ute c l'Europe retentit de^otre nom autant que de € VOS sonnettes. L'art de les placer vous doit € sa perfection; par la force de votre génî-e, « jointe* à un grand nombre d'expérieBees, vtms c 4tM*yeiiii<k bdut de les plaoer daos le lieu le € plus difficile. »
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I^dr CM^iit^M û9iu^,\ t^iieimdiei qui
a été composée à.4a, même ép»oi}jtie où éciivait Le Pçjlit , , a bien * pu t^uggéser Vidée de ' V Histoire i que . nous réimprimons ; c'es^le ni^e;.procédé d'aUjisU9i(Hi8 de mauyaiâ.goUt S
iBlen peu ide critiques ont fait; mention de ]JBmrô jL^ ^er^^^.M. Victor iF>Qui'iijbel en a dit quelques mots, dans la curieuse
dition du > Roman , comique de .Scarron , coippt^se (}fan&'la Bijbliothèque elsfivimtmy (Paris, Jannet, 1857, 2 vol.); il signale le petit roman qui nous occupe comme un livre burlesque, plein de galimatias et de mauvais goût, mais ne manquant pas cependant d'un certain esprit. Faisant d'ailleurs usage des expressions qu'emploie cet écrivain si versé dans la
• Cette Carte de la cour , qui se rencontre dans quelques anciens libelles satiriques, a été réimprimée, sous le titre de Carte du pays ds Braguerie, à la fin de VEUtoire amowreu9e des Gaules, éditée par M. Boiteau {Bibliothèque elzéviriennc). M. Paulin Pàris Ta insérée, sous le titre de CarU du pays des BraquesidraqueSf dans le quatrième rolume de son excellente édition des Historiettes de Tallemant des Réaux.
4u 1VH« Biècle , nous dirôils qu'il fatut wÎFy 4aBS l'œuvre de lie Petit, «oïïime ^da&& ^el^pûtes ^tres tki même gëiire, Talliauce de Télément gaulois à Vinûuence espagnole alors ^qs toute 'ëa force ; la protestation du bou sens iiarquois^ de l'esprit po&itif ^Heuir, X)ontt*e • les subtilités, les raffinements, l'héroïsme guindé et menteuir ttes Gyirttô, Astrées et des Polexandre^ contre le langagé fiaux et les fèm «eiitimenie des j^torales.
Ph. Jr.