‹ L'heure du Japon:Chapitre 15 sur 85 · L'EMPEREUR-DIEU · texte numérisé non relu

L'EMPEREUR-DIEU

rigoureux de la lettre, cette nation est considérée comme formant une unique et vaste famille.

Lorsque l'Empereur, au lendemain de son intronisation, se rendra en pèlerinage au temple d'Isé où est conservé le véritable miroir qu'une aïeule divine donna au premier souverain de sa lignée, il apercevra, théoriquement, dans ce miroir tous ses ancêtres qui remontent jusqu'au Ciel. Lorsque le peuple japonais contemple son Empereur, il se a mire » en lui, il se « perd » en lui, de la même façon que l'Empereur se mire et se* perd dans la contemplation de ses ancêtres.

Il me semble que j'entends d'ici l'ironie de chez nous. Elle suggère ;

— Mais alors? Si l'Empereur est Dieu, et si tous les Japonais sont ses fils, ils se croient dieux euxmêmes ? De telles origines expliquent suffisamment ce qu'on leur reproche d'orgueil !

Tâchons d'oublier nos manières de voir pour entrer avec amitié dans la pensée du voisin. Le fait que l'Empereur et la Nation ne sont qu'un, aide à comprendre qu'en accordant au Japon moderne une constitution quasi européenne, ce Dieu-Souverain ne s'est dépouillé d'aucun de ses attributs essentiels. Dans la recherche de ce qui est bon et juste, il s'est donné à lui-même, pour l'exercice du pouvoir, une nouvelle méthode d'action. Après cela, il laisse à chaque partie du Tout

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