‹ L'heure du Japon:Chapitre 63 sur 85 · COUP D'CEIL DANS L'ÂME CHINOISE · texte numérisé non relu

COUP D'CEIL DANS L'ÂME CHINOISE

cite là, c'est un pardon de la raison, un acte de désintéressement total de soi-même, qui est froid comme un raisonnement de mathématique. II comporte, tout de même, vous en conviendrez, une vertu, très haute ? Elle est essentiellement chinoise.

« Ce genre de vertu-là ne pouvait pas plaire aux divers missionnaires qui sont venus, de bonne foi, nous apporter les formes de vérité dont ils sont dépositaires et dont ils estiment que nous avons besoin. Ils ont jugé que notre attitude est un acte d'orgueil, et que, par là, elle est d'un mauvais exemple. Ils ont jeté un voile sur elle. Jamais ils n'ont parlé de ce que nous faisons de bien. Ils ont, au contraire, mis dans une lumière crue tous les préjugés, toutes les innombrables erreurs qui, très naturellement, se commettent dans un pays de quatre cents millions d'habitants, où il y a beaucoup d'ignorance.

« Les marchands qui nous ont découverts les premiers ne nous ont pas mieux traités. Ils désiraient décourager leurs concurrents d'entrer en relations avec nous. Ils voulaient se réserver le droit — et à eux seuls — de nous dépouiller à leur fantaisie. Ils s'en souvenaient : ailleurs on est venu à bout des Indiens américains et des nègres en leur versant à pleines rasades de l'alcool frelaté. Ils ont essayé d'arriver chez nous au même résultat en nous imposant le vice de l'opium. Je dis « imposant »,

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