‹ L'heure en exilChapitre 5 sur 5 · A PAUL VERLAINE · texte numérisé non relu

A PAUL VERLAINE

jombien de voyageurs, aux âmes jadis blanclies, Sur d'arides chemins poussés par les remords, Pour goûter l'Espoir aux magiques réconforts A ses bras se sont suspendus comme à des branches !

Ils ont cueilli ses fruits et dormi sous son ombre Un bon sommeil hanté de rêves d'au-delà, Et puis, le lendemain, moins tristement, voilà Qu'ils gagnèrent l'abîme où l'humanité sombre.

Et s'arrêtent pourtant des passants pour médire Du colosse aux passants miséricordieux ; Us souillent son écorce et, pour le blesser mieux, Portent à ses rameaux la serpe de leur rire.

Ceux-là sont des maudits, ne connaissant nul baume A leur plaie, éternels juifs- errants, fils pervers De ceux pour qui Jésus prêcha dans le désert : Sur terre, et nulle part ailleurs, est leur royaume.

Leurs coups se retournant les frappent à la tête ; Et, tandis que la peur chasse leur troupeau vil. S'accuse encor plus ton satanique profil, Sublime contempteur des profanes. Poète.

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