‹ L'heure enchantéeChapitre 4 sur 8 · TRISTESSE DE LA VIERGE I|I · texte numérisé non relu

TRISTESSE DE LA VIERGE I|I

La vierge rêve. Elle admire La parure des prés verts; En ses yeux divins se mire La fraîcheur de l'univers.

Son âme s'est envolée, Légère comme autrefois, Vers l'heureuse Galilée Où l'eau chante dans les bois.

Elle a connu cette aurore.

Quand elle était parmi nous ; Elle croit sentir encore Son enfant sur ses genoux.

A quoi bon le chœur des anges, Le Paradis et sa cour.

Puisque Jésus dans ses langes Lui sourit avec amour !

Délicate fleur du songe.

Que ton éclat dure peu !

Était-ce donc un mensonge.

Cette paix du grand ciel bleu ?

ifi l'heure enchantée

Sur le riant paysage Une ombre noire a passé ; L'homme a montré son visage, La vie a recommencé.

La vierge qui s'inquiète Se penche, et son cœur aimant Entend la plainte que jette Le monde éternellement.

Dieu, là-bas, tant de souffrance Et qui fait si peu de bruit!

Que d'êtres sans espérance Ont pleuré toute la nuit !

C'est grand'pitié. Notre Dame ' Soupire en joignant les mains.

Comme au temps où, pauvre femme, Elle errait par les chemins.

Elle se voit quasi morte De lassitude et d'effroi ; Chacun lui ferme sa porte; Son petit Jésus a froid.

Son enfant, tout son courage, Ah ! comment le protéger !

Les bourreaux sont à l'ouvrage, On va venir l'égorger.

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