IL — L'HEURE DE LA MORT. HR
IL est certain que les décès ne se répartissent pas également entre toutes les heures d’un nycthémère. Ed. JENNY a observé que les nourrissons gravement
UT
malades inspirent le plus d'inquiétude vers 5 h. du matin; Moro a attiré l’attention sur le fait que les morts brusques surviennent chez l'enfant souvent vers la fin de la nuit. LAIGNEL-LAVASTINE présente les statistiques de son service de la Pitié, mais celles-ci ne sont pas concluantes à cause de l’insuffisance du nombre des décès. Ed. JENNY a établi une statistique concernant 12.099 décès survenus à Aarau (Suisse), de 1894 à 1929. Il en ressort que l’on meurt plus fréquemment dans la deuxième partie de la nuit et dans la matinée, avec un maximum vers 5 heures du matin. SCHNEIDER a examiné la répartition horaire de 57.984 décès survenus à Berlin; le maximum se trouve également à 5 h. du matin. Il y a un autre maximum moins important vers 18 h.
Pourquoi la mort se produit-elle plus fréquemment vers 5 h. du matin qu’à n’importe quelle heure de la journée? La question s’éclaircit si l’on tient compte de ce fait que le maximum des décès se trouve justement à l’heure où le « rythme vital » passe par son minimum. À
IL — « RYTHME virTAL ».
Il est connu depuis longtemps que la température du corps humain n’est pas constante, mais qu’elle subit * des variations qui se répètent de telle sorte que des valeurs maxima et minima se retrouvent tous les jours à la même heure; ainsi elle passe pas un minima vers 5 h. (36°5) (36°7) et par un maxima vers 17 h. (37°) (37°2)7
Ce n’est pas seulement la température qui présente
* cette périodicité, mais aussi un grand nombre de phénomènes vitaux tels que : le pouls, la consommation d’oxygène et l'élimination de CO* (JoOHANSSEN, Son- DEN et TiGERSTEDT), l'élimination azotée (COHEN, Dopps, Rosemann et C.-F. Wozr), et aussi le tonus du système nerveux végétatif. Dans tous ces cas, la courbe est à son point le plus bas vers 5 h., ensuite elle commence à s’élever, pendant le sommeil même, pour atteindre, après quelques oscillations, son point le plus élevé vers 17 heures, puis elle commence à redescendre bien avant l’heure du coucher; ce qui représente une courbe semblable à une courbe de ss ture normale.
Ce fait a été constaté également chez les animaux, singes, oiseaux, etc. (GALBRACHT, SIMPSON).
La première idée qui vient à l’esprit pour expliquer ce phénomène, est qu’il est dû à l’alternance de l’état de veille et d’activité d’une part et de l’état de sommeil et de repos d’autre part. Il n’en est rien. Evidemment l’activité musculaire et les repas ont une certaine influence sur la température et les combustions, par suite de l’augmentation des échanges «ni entraînent; mais on a cependant constaté qu’un sujet demeuré au repos et à jeun toute la: journée, voit néanmoins ces constances passer par un maximum à 17 h. ‘D'autre part, des recherches effectuées chez des sujets ‘qui sont en activité pendant la nuït (veilleurs de nuit, boulanger, garde-malade), n’ont pas décelé chez eux un renversement de la ‘courbe, mais ‘seulement des modifications peu importantes.
Certains auteurs ont alors pensé que ces phénomènes vitaux périodiques étaient en quelque sorte spontanés, totalement indépendants des influences extérieures, Mais il a été démontré qu’il n’en était rien; en effet, si ce rythme était réellement interne, il devrait rester le même sous toutes les longitudes. Au cours d’un voyage, il devrait rester constamment réglé sur l'heure du lieu d’origine; or, il n’en est pas ainsi; le « rythme vital » s'adapte en tout lieu à l’heure locale; c’est-à-dire qu’un sujet qui ferait le tour de la terre en 24 heures verrait disparaître ces variations journalières. On pourrait alors penser que c’est la lumière ou l’absence de lumière qui conditionne ces variations. VoLiKkER et STOPPEL ont effectué des recherches dans les régions polaires et ont démontré que la lumière n’a pas d'influence; en effet, les jours et les nuits prolongés du pôle ne modifient pas le rythme vital.
VoLkER et STOPPEL pensent que les variations périodiques sont uniquement sous la dépendance de l'heure locale, c’est-à-dire de la position du lieu par rapport à l’axe autour duquel la terre effectue sa-rotation. Ce serait donc un facteur cosmique qui, par
l'intermédiaire des systèmes ortho et parasympathi- - ques, déterminerait la périodicité des phénomènes vi- “taux. RATS - Pendant la période diurne qui va de 11 h. à 23 h., ‘il y a une excitation des phénomènes vitaux en rap- “port avec une prédominance de l’orthosympathique ; pendant la période nocturne qui va de 23 h. à 11 h., . au contraire, il se produit un ralentissement des phénomènes vitaux, en corrélation avec une prédominance
at. Le
du parasympathique. Cette alternance étant déterminée, comme nous l’avons vu, par un facteur cosmique encore mystérieux.
La périodicité de la fréquence des phénomènes obs- : tétricaux peut-elle s’expliquer par l’existence de ce - « rythme vital » ?
On peut supposer vraisemblablement que la vagotonie de la période nocturne puisse favoriser la contraction utérine et le déclenchement du travail. Pour les hémorragies et les ruptures prématurées, cela serait l’exagération des contractions indolores pendant la nuit qui serait le facteur déterminant.
C’est une opinion par ailleurs assez répandue que, si les accouchements commencent surtout la nuit, le fait vient de ce que la femme se trouve à ce moment en vagotonie. Nous avons vu que beaucoup de syndromes qui se manifestent, de préférence, pendant la nuit, sont causés par une prédominance du parasympathique (Laryngite striduleuse, nausées, asthme). Il pourrait bien en être de même pour le travail. On ne peut toutefois affirmer que l’excitation des fibres musculaires utérines se fasse pas l’intermédiaire du parasympathique, étant donné qu’on connaît mal encore les connexions de l’utérus et du Fyrième nerveux végétatif.
Mais, d’après les nouvelles conceptions sur le « the me vital », nous l’avons dit, le tonus du vague irait en augmentant pendant la nuit, pour atteindre son maximum vers 5 h. du matin; puis diminuerait ensuite progressivement. La période de vagotonie maxima s’étendrait donc de 23 h. à 11 h. et ne correspond
ne NE og
pas à la période de fréquence maxima des débuts de travail, qui va de 19, 20 h. à 7, 8 heures.
Cette objection n’est pas aussi sérieuse qu’elle le paraît à première vue; en effet, quelle est la période la plus favorable au déclenchement des contractions utérines; ce n’est pas tellement celle de la vagotonie maxima que celle pendant laquelle la vagotonie s’intensifie. On ne connaît pas bien encore le mécanisme du déclenchement du travail, cependant on sait qu’il n’y a pas un seul facteur, mais que de nombreuses conditions doivent être réalisées dans l’œuf, dans l’utérus et dans les humeurs, pour que le travail puisse se déclencher; de telle sorte qu’au terme une cause minime est capable de déclencher les contractions utérines; comme la goutte qui fait déborder le vase ou la vibration qui fait partir l’avalanche. Cette cause minime peut être constituée par l’augmentation de la vagotonie; de même que la vagotonie peut favoriser tout autre cause.
IV. — FACTEURS SUSCEPTIBLES D’INFLUER SUR L'HEURE DU DÉCLENCHEMENT DU TRAVAIL.
Certains ont pensé que l’influence du repos au lit pouvait être la cause de cette répartition surtout nocturne des débuts de travail; contre cette explication milite le fait que les douleurs seraient déclenchées bien plutôt par la marche et le mouvement que par le repos. L’aspect de la courbe que nous avons établie n’est pas
non plus en faveur de cette conception; en effet, la
baisse commence vers 2 heures du matin, bien avant le lever, l'élévation, de son côté, commence vers 14 h., bien avant le coucher. Fo
KüsTNER, qui a étudié l'influence des radiations solaires sur la durée de la grossesse, propose une autre explication; il pense que les rayons solaires et particulièrement les uliraviolets sont capables de prolonger la grossesse en empêchant le déclenchement du travail,
parce que, d’après lui, ils détruiraient les hormones et
particulièrement l’hormone post-hypophysaire; de nombreux auteurs allemands ont refusé d’admettre ‘cette conception, parce qu’il n’est pas prouvé que les rayons ultraviolets détruisent les hormones post-hypo-
physaires, et parce que les grossesses, dans l’hypothèse :
de KüsTLER, seraient plus longues dans les pays du
Nord que dans les pays du Midi, ce qui n’est pas
observé.
Certains admettent, sans conviction, que les sensations visuelles et auditives, plus fréquentes et plus intenses pendant la journée, sont susceptibles d’empêcher la mise en route du travail.
KRAFT, de Genève, a étudié certains facteurs cosmiques par rapport à la fréquence des naissances (ces facteurs ne pourraient guère agir que sur le début du travail). Il a examiné, heure par heure, l’influence de
la position de la lune et du soleil sur la fréquence des . naissances (et sur la détermination du sexe!). Il arrive
à des conclusions très nettes, mais le fait qu’il n’ait
travaillé que sur un total de 2.218 naissances, prises
heure par heure (1/4 de naissance seulement par
Var
heure) suffit à suggérer que le hasard ait une grande part dans les résultats obtenus.
Jacogs et WEGEMANN ont insisté sur le fait que l'entrée des parturientes dans les cliniques obstétricales ne se fait pas d’une façon continue et isolée, mais par séries. Ils ont remarqué que les douleurs sont d’autant plus intenses et efficaces que le nombre des entrantes est plus élevé; les accouchements sont plus rapides quand les parturientes sont nombreuses, ils sont plus rapides quand les parturientes sont rares. Ces faits leur ont donné à penser qu’il devait y avoir des phénomènes atmosphériques à l’origine de ces déclenchements en série. Pour établir des relations entre l’état atmosphérique d’une part et la fréquence des naissances d'autre part, ils ont étudié, parmi les facteurs météorologiques, la pression barométrique et la température; ils pensent qu’il ÿ a une relation certaine entre les variations de pression atmosphérique et la frégence des naissances; ce qui ne veut pas dire que les variations de pression et les réactions biologiques qu’elles provoquent soient simultanées ou immédiatement successives; elles sont séparées, disent JAcogs et WEGEMANN, par un laps de temps variable, suivant la température du moment, ce qui fait que, si la température est basse, la courbe de la répartition horaire des naissances suit rapidement, maïs avec une faible amplitude, l'accident de la courbe barométrique; si la température est élevée, la courbe de la fréquence des naissances se modifie d’une façon importante, mais avec un retard sur la courbe barométrique qui peut atteindre 48 heures. jé
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Dans un travail d'ensemble sur l’influence des facteurs météorologiques dans l’évolution des maladies (1936), WALLGREN dit que ces facteurs agissent par l'intermédiaire du système neuro-végétatif. Les plus importants sont pour lui la température, le degré hygrométrique et l'électricité atmosphérique. Il rappelle l’influence des orages, de la grêle sur certaines personnes : angoisse, instabilité nerveuse. Les ondes hertziennes, le magnétisme terrestre agiraient également sur le système nerveux végétatif.
MüLLer-CHRISTIANSEN a étudié les relations entre le degré hygrométrique et la température d’une part, la fréquence des naissances d’autre part. Il a établi une représentation graphique des variations moyennes du degré hygrométrique au cours des 24 heures, et ceci pour le climat de Copenhague. II s’est trouvé que la courbe était sensiblement parallèle à celle de la fré-
quence horaire des naissances, d’où il conclut un peu
vite que le degré hygrométrique de l’air est un des
- facteurs qui influent sur le travail. Nous remarquons
toutefois que, si la courbe de l’hygrométrie est paralfèle à celle des naissances, ayant leur maximum l’une et l’autre vers 4 h., 5 h. du matin, elle n’est pas paral- | lèle à la courbe des débuts de travail, qui présente son maximum vers 1 h. du matin. Aussi, nous ne pensons pas que le degré hygrométrique soit un facteur capable d’influer sur le déclenchement du travail.
La même erreur est commise pour la température, qui passe par un minimum vers 5 ou 6 h. du matin. D’ailleurs, on ne voit pas comment la température extériéure pourrait agir, pendant l’hiver, sur une fem-
me qui, à cause de son état, sort très peu de la maison. De plus, on sait que le minimum de la température se produit en moyenne peu avant le lever du soleil, dont le moment varie suivant les saisons. Or, MüLLER avoue n'avoir trouvé aucune différence entre l'horaire des naissances en été et en hiver.
KIRCHOFF a étudié les rapports entre la conductibilité électrique de l’air, la température et la glycémie d’une part, et la fréquence horaire du début du travail, d'autre part. On sait que la conductibilité électrique de l’air résulte de la présence d’ions positifs ou négatifs. Celle-ci varie constamment, suivant une périodicité de 24 heures, la valeur de la conductibilité de l’air étant inversement proportionnelle à celle de la température, c’est-à-dire que, quand la température monte, la conductibilité baïsse, et vice versa. Si on fait la moyenne des valeurs de l’ionisation de l’air aux différentes heures du jour et pendant une année, on obtient une série de chiffres qui sont l’inverse de ceux de la température. On a donc un maximum vers 5 h. et un minimum vers 17 h. KIRCHOFF compare ces chiffres à ceux d’une statistique sur le début du travail qui aurait également comme maximum 5 h., et comme minimum 17 h. Mais nous avons vu dans notre étude statistique qu’on pouvait considérer 1 heure du matin comme l’heure où le plus grand nombre de travail se mettait en train et non pas 5 heures, sans aucun doute. Ici encore, il ne semble pas que l’argumentation soit très démonstrative,