‹ L'heure qui passe;Chapitre 1 sur 63 · RUE TAITBOUT, 78 I9O · texte numérisé non relu

RUE TAITBOUT, 78 I9O

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Il a été tiré de cet ouvrage :

Trois exemplaires de luxe

sur papier Impérial du Japon

numérotés et signés par l'Éditeur.

PRÉFACE

« L'heure qui passe! » Ah! le bon titre que voilà pour un livre d'évocation parisienne ! Car cest surtout à Paris, dans V immense va-et-vient des idées et des foules, que l'heure brûle les étapes, à peine posée sur le cadran. Les martinspëcheurs ne filent pas plus vite entre les rives de la Seine. Elle n'est pas toujours aussi jolie queux, le ciel n'ayant jamais asse-^ de bleu pour l'apurer comme il le voudrait : mais elle leur ressemble tout au moins par la fantastique rapidité de V essor, même quand elle est toute baignée de ténèbres et quelle n'a quune pauvre goutte d'ombre au bout du bec. Cet essor est, d'ailleurs, si invariablement pittoresque, en dépit de son perpétuel recommencement, qu'un artiste, épris de mouvement, de vie et d'imprévu, ne

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pourrait pas le souhaiter ou le rêver autrement.

A Paris, le temps fuit et tourne à la fois dans le cercle des heures et dans celui des coutumes. Celles-ci constituent, en effet, une sorte de spectacle machiné sur pivot, où, du premier de l'an à la Saint- Sylvestre, il apparaît sous des formes surannées qui, par un aimable et singulier contraste, gardent tout le poétique éclat de la jeunesse. Le voici en confiseur fleurissant défaveurs roses les boîtes de pralines et de bonbons au chocolat ; en petit pâtissier, la tête auréolée du gâteau des Rois ; en marchand de conjetti, dans le flux et le reflux de la multitude autour des chars éphémères du Mardi-Gras et de la Mi-Carême ; en peintre réclamant la cimaise pour son chef-d'œuvre de Vannée ; en jockey du Grand-Prix, plastronnant au champ de courses ; en directeur de théâtre comptant sa dernière recette, dans la descente du rideau sur la fermeture ; en citadin bouclant ses malles pour V estivale villégiature. Le voici, quelques mois après, ramenant les boulevardiers aux boulevards, rouvrant les soirées, revolant aux premières sensationnelles, dansant, chantant, dînant, soupant,

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carillonnant, quitte à recommencer quand c'est fini, jusqu'au jour où cela finit de nouveau pour recommencer encore. Pas beaucoup de changement à la juxtaposition des couleurs, dans la multiple glace du kaléidoscope; à peine quelques nouveaux raccords, \ig\aguant en petits éclairs. dans le défilé du cinématographe. La presse, singe savant qui montre la lanterne magique sans jamais oublier d'éclairer sa lanterne, fait le boniment devant la rampe, toujours avec la même voix, les mêmes mots et le même geste, au fur et à mesure que le tableau vivant se déroule dans i immobilité du décor, sous la rapide poussée des mois et des saisons.

Approche^. vene\ voir, mesdames et messieurs ! Et entre les colonnes du journal, Y écho retentit de la plainte des donneurs d'étrennes, qu'elles tombent dans l'escarcelle du pipelet ou dans la boite du facteur métamorphosée en tirelire : les mages d'Orient se remettent en marche, sans qu'il y ail une étoile de moins dans le ciel ou une gemme déplus à leurs manteaux : les reines plébéiennes, tout comme celles qui les précédèrent, posent devant tes objectifs en des attitudes de colombes point trop effarouchées, font

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des risettes à leurs jolies frimousses reproduites à des milliers d 'exemplaires, reçoivent des cadeaux et confient au calepin des reporters qu elles n'avaient jamais espéré de semblables honneurs; la rosserie refleurit autour des marbres et devant les toiles, guère moins épineuse que les roses et juste aux beaux jours où elles refleurissent aussi; les cœurs rebondissent avec les croupes des chevaux, dans V immense grouillement humain de Longchamp, et c'est la destinée de V Europe qui semble encore une fois se jouer entre la France et la «perfide Albion » ; les derniers fours s'éteignent dans les théâtres, au bruit uniforme des chroniques conventionnelles ; les descriptio7is de plages reparaissent dans les feuilles, à côté des illustrations où le même baigneur fluet maintient éternellement au-dessus des flots la même dame monumentale ; Paris rentre, les fours se rallument, les ours s'y réchauffent, V Elysée danse, le noble faubourg danse, tout danse, et voilà que déjà s égrène le pantagruélique chapelet des boudins de la Noël, dans le déclanchement annuel de la roue sur son pivot. Ce serait peut-être d'une monotonie à pleurer, si Von n'était pas doué dune souriante philoso-

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phie ; mais quels reproches faire à la vie parisienne, quand elle a donné tout ce qu'elle peut ? Est-ce sa faute si Vannée la coupe en quatre actes qui sont les quatre saisons et si ces quatre actes restent à jamais classiques, sans une appréciable nouveauté dans le débit ou dans V action? Que deviendrions-nous, grands dieux ! si ?ious n'avions plus, par exemple, la réouverture des théâtres après la rentrée? L'essentiel n'est pas desavoir si Von a froid et faim dans les mansardes ; ce qui importe, cest la belle scène du troisième et le dénouement plus ou moins tragique de la pièce en vedette. La souffrance des autres ne nous émeut quà la condition d'être factice et habilement ciselée dans les mots comme une face d'agonie dans t acier d" un poignard ; leurs larmes ne font couler les nôtres que si elles ont jailli de ïimagination des auteurs en vogue, avec des chatoiements de perles remuées dans un coffret.

Telles furent à peu près les mœurs intellectuelles de Paris, dans tous les temps et sous tous les régimes; mais il faut bien convenir que le progrès et la civilisation nen ont guère ajfiné la curiosité artistique ou littéraire. Il y a une

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dizaine d'années, on était encore quelquefois abordé dans la rue, dans les salons, au cercle, surtout au café, par des gens qui vous demandaient si vous avie\ lu l'article du jour. Cet article était de Rochefort,de Drumont, deMirbeau, de Bergerat, de Séverine ou de tel autre maître de la presse. On se le lisait à haute voix, on se le passait, on se le repassait, et c était, dune table à l'autre, un délicieux déjeuner de soleil. Le bel article existe encore, pimenté d'esprit, bourré de verbes succulents, saupoudré de fines épithètes : mais le succès qu Un a point démérité n'existe plus. Le public a d'autres admirations. A force de lui servir la grosse mangeaille du scandale et du crime, on lui a lamentablement faussé le goût. Le cochon qui sommeillait dans l'homme s'est réveillé, noix plus en « cher ange », comme dans le sonnet de Monselet, mais en brute qui digère sur son tas de fumier. On a barboté dans les boues : on a reniflé l'odeur des chairs, dans la monstrueuse exhibition de viols et des tueries. Tout cela s'est fait, au surplus, par le jeu naturel de la concurrence, la plupart des directeurs de journaux avant été commercialement obligés d'apprêter chaque jour, pour la brute

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devenue tout de suite insatiable, un régal qu'elle serait allée chercher ailleurs.

Vous souvenez-vous du type de vieillard, si admirablement peint par Le Sage, qui trouvait les pêches bien plus belles, quand il était encore un tout jeune homme? Je ne sais si les années m'ont joué comme à lui le tour d'embellir invraisemblablement les pêches où ma jeunesse mordait à belles dents: mais il me semble que la République des lettres n'était point ce quelle est aujourd'hui, quand je vins à Paris pour y recueillir, en bon latin, ma petite part de la conquête des Gaules. Nous nous inclinions respectueusement devant les maîtres et devant leurs grands disciples, même quand ceux-ci étaient des arrivés aussi féroces que les arrivistes d'à présent. Nous osions à peine esquisser un sourire, quand le Père nous révélait la supériorité de Vacquerie sur Alfred de Musset, comme poète et surtout comme auteur dramatique. Notre Olympe n'avait jamais asse^ de Dieux : le laurier n'avait jamais a$se% de rameaux, quand nous faisions pour eux la moisson des couronnes. Entre nous, parnassiens ou romantiques de l1 avant-dernière heure, l'émulation ne versait

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jamais dans V odieuse envie. Nous nous proclamions mutuellement hommes de génie avec une bonne foi déconcertante. Et quel accueil fait à nos livres dans les journaux ! Il y avait, comme aujourd'hui, la petite note annonçant l'apparition du volume, généralement rédigée par l'auteur ou avec sa collaboration peu désintéressée. Cela s'appelait déjà le «papillon »: mais en ces années de grâce, le papillon entrait partout, était tout de suite che\ lui, se posait où il voulait, dans les « Echos » ou dans la partie consacrée à la bibliographie, sans avoir besoin de laisser aux doigts de l'annoncier la poussière d'or et d'argent qui lui tremblait sur les ailes. Que votre destinée a donc changé depuis, ô pauvres papillonnets!

Victor Hugo, chaque fois qu'il publiait un livre, en communiquait les « bonnes feuilles » aux journaux, qui s'empressaient de les reproduire. Je fis comme lui, lorsque je lançai mon premier volume de vers à Paris, sans plus me gêner que si je fusse sorti de la cuisse d'Apollon. Pas une feuille ne me refusa l'insertion : toutes me reproduisirent sous le « petit chapeau », comme nous disons professionnellement pour

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désigner les quelques lignes qui précèdent parfois la reproduction d'une page ou d'un article; et il y eut au chapeau des guirlandes où j'avais çà et là, sous l'œil bienveillant du secrétaire de la rédaction, apporté de menues retouches, point faites pour offenser mon amour-propre et contrister en moi le genus irritabile vatum. Ce fut ainsi qu'une de mes piécettes, la Berceuse, lancée par l'énorme tirage du Petit Journal, conquit la célébrité en vingt-quatre heures et la garda au point défigurer aujourd'hui dans presque toutes les anthologies poétiques des écoles. Les anciens venaient en aide aux tout jeunes. C'était le bon temps où Cladel fabriquait des gloires dans son ermitage de Sèvres, avec l'heureuse complicité des journaux qui faisaient reluire les rais du nimbe . Et tout cela pour le plaisir, sans qu'il en coûtât un sol à l'éditeur ou un liard aux poètes, même quand leurs rimes étaient riches comme des Crésus !

Le scandale ne fut pas ordinaire, le jour où Von apprit que le directeur d'un grand journal avait franchi les ponts pour réclamer à Charpentier le prix d'un compte rendu paru dans ses colonnes. Les clans s'émurent, les lyres gronde-

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rent, et on songea sérieusement à mettre au ban de la presse un effronté qui en comprenait si peu la haute mission sociale. Touchante manifestation de la foi! Sainte innocence de la jeunesse! Maintenant le pli est pris et l'on ne s" étonne pas plus qu'on ne se scandalise, lorsque la presse tire un profit des renommées qu'elle a faites. Pourquoi, d'ailleurs, len blâmer avec des gestes d'apôtre et des véhémences à la Juvénal ? Là encore, elle n'a pas tous lestorts. Si le public avait été moins exigeant, s'il ne s était pas jeté comme un affamé sur les premières feuilles qui agrandirent leur format dans de fantastiques proportions, elle ri* aurait pas été réduite à réparer avec tous les ciments qui lui tombèrent sous la main les brèches par où la caisse coula douloureusement. Les affaires étant plus que jamais les affaires, elle suivit le mouvement, s'engrena dans la roue de la fortune, subit la pression des lois économiques, dans une époque et dans une société où elles ont remplacé V inexorable fatalité antique . se couvrit d'un pavillon politique, moins pour servir une cause que pour se créer une clientèle immédiate, quitte à vendre, sous le couvert de ce pavillon, une marchandise frelatée, composée de mix-

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tures sournoisement dosées, de façon à dépraver tous les goûts afin de les mieux satisfaire, et ne fut bientôt plus ainsi qu une vaste entreprise commerciale, sans la possibilité d'une franche ouverture sur V idéal ou d'un élan spontané vers la Beauté qui est la forme artistique de la Justice. Pendant que cette transformation s accomplissait, les générations montaient, poussant devant elles, dans le calme ou dans V agitation de la vague humaine, une jeunesse d'élite, ardente, fiévreuse, inquiète, hantée du noble désir d' œuvrer à son tour. Il y a même dans le labeur sacré du génie une part qui revient au procédé ou qui lui ressemble singulièrement. Elle eut tôt fait d'en démonter les pièces, d'en saisir le mécanisme et de lutiliser à ses propres créations, sans tomber dans le pastiche qui est Faveu des impuissants, ou dans l'imitation servile qui est la négation du talent, eût-elle cent fois l'excès de l'admiration pour excuse. La loi de l'atavisme existe aussi bien dans la vie intellectuelle que dans la vie physique. Dans celle-ci l'impression se transmet individuellement ; dans celle-là, elle se transmet socialement. Ce qui avait été désordonné devient classique, ce qui avait été classique

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devient quelquefois rococo, ce qui avait été révolutionnaire devient constitutionnel; mais le fond varie peu, la forme ne change que superficiellement, et tout finit par se tasser dans les cerveaux, à travers une couche de décalques qui ne font jamais entièrement oublier l'original. Cette loi se manifeste surtout dans la genèse intellectuelle de la génération contemporaine . Héritière d'admirables siècles littéraires, elle n'a eu, pour concevoir le Beau, quà regarder la nature et la vie dans l'œuvre des maîtres ancestraux, comme elle na eu, pour le réaliser, qu'à ramasser leurs outils, au seuil des tombes glorieuses. VIsis poétique a déchiré ses voiles, le rythme a dit son secret, et des enfants de vingt ans ont écrit des vers impeccables. L exploration de nouveaux domaines a élargi le champ de l'observation ; des lambeaux d humanité, qui flottaient comme des algues dans les profondeurs du fait social, ont été amenés à la lumière, soigneusement recueillis, méthodiquement classés: des souffrances qu'on ne soupçonnait pas ont poussé leur cri; des douleurs qui se cachaient ont arraché leurs masques trempés de larynes : le Verbe s" est fait chair encore une fois pour saigner de

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la blessure des humbles ; le style a été plus que V homme, il a été souvent V humanité; la phrase

a pleuré, sangloté, gémi, et des chercheurs d'âmes, des explorateurs de V immense détresse, encore tout jeunes, à peine évadés de V Ecole, ont écrit des romans où se pose, tantôt avec des saillies d'eau-forte, tantôt avec de vaporeux contours idylliques, tout le problème moderne des sexes, de la justice et du travail.

Que leur a-t-on donné en échange? Rien ou presque rien. Marat écrivait dans une cave. Eux écrivent quelquefois au grenier ; mais cest dans la cave qu'ils publient. Et combien sont étroits les soupiraux par où le papillon s en ira leur butiner un peu de notoriété, à défaut de la gloire quils avaient espérée ! Si encore il la leur butinait toujours ? Mais les talents sont si nombreux qu'il ne peut y avoir de notoriété pour tous, surtout quand les sans-talent ont déjà opéré leur petite rafle. Si l'on avait le doigté de La Fontaine, quelle jolie fable on ferait avec ce papillon qui n'est plus cru de personne, tout comme le berger de Vautre fable, à force d'avoir annoncé quun grand romancier ou un grand poète vient de nous naître, et que Balzac et Hugo n'ont plus

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qu'à se bien tenir! Je me rappelle qiiun de ces papillons me visita un jour dans la cellule où un Conseil de guerre m avait envoyé méditer et que, sans préambule, de l'air le plus naturel du monde, il me révéla un volume d'ïambes auprès duquel ceux de Barbier pâlissaient pitoyablement, f avais vingt ans, la foi du charbonnier et trois francs cinquante. Je fis venir le volume et je me précipitai dessus. Quel déchet! Les ïambes de mon poète ressemblaient à tout ce que vous voudrez excepté à des ïambes. Je jurai qiïon ne m'y reprendrait plus ; mais on ne me rendit pas mes trois francs cinquante. J'appris plus tard que mon Archiloque était devenu préfet de la République. Ce fut à peine si je trouvai le châtiment suffisant.

Les papillons feraient tout aussi bien de rester dans leur chrysalide, quand ilsne doivent en sortir que pour tromper le lecteur. Acheter des cruches, parce qu'elles furent étiquetées amphores, cela finit par lui ôter sa belle confiance ; et comment la lui rendre, quand il l'a tout à fait perdue? Il y a bien encore la bibliographie : mais ceux qui en détiennent la rubrique dans les journaux peuvent-ils lire toutes les publica-

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tions de la semaine? S'ils ne le peuvent pas, comment en parleront-ils ? S'ils en parlent sans les avoir lues, que vaudra leur blâme ou leur éloge? D'un autre côté, seront-ils asse^ justes pour saluer le talent, même che% un adversaire politique ou religieux ? Ne sacrifieront-ils jamais la vérité à la camaraderie ? Oseront-ils juger telle ou telle œuvre en leur âme et conscience, sans pencher un peu ou beaucoup du côté où la balance directoriale pencha elle-même sous la poussée d'un doigt doré?

La question sociale existe aussi dans la République des Lettres, et toutes celles-ci la soulignent à peine. Ce n'est pas une préface, c'est Hvrequ il faudrait écrire pour la traiter dans con ensemble. Aussi bien pourquoi l'ai-je évoquée ici, puique je n'y ai que la possibilité de l'effleurer? Cela sera sans doute venu tout seuL de fil en aiguille, dans la vertigineuse rotation de la roue, sous le tintement de l'heure qui passe, et si j'ai erré, je bénéficierai tout au moins de Vétour dissement comme d'une circonstance atténuante.

L'homme de lettres, disait Théophile Gautier, fait tout ce qui ressort de son état, et va-t-en

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ville. Je vais rarement en ville: mais je jais volontiers ce qui ressort de mon état, surtout quand c'est une préface pour un ami et que cet ami est le charmant et spirituel auteur de ce livre. Là était le principal, et quelle heureuse occasion de répéter avec Verlaine que tout le reste était littérature !

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