‹ L'Hippocratisme Digital Dans Les Endocardites Malignes InfectieusesChapitre 10 sur 44 · LEP · texte numérisé non relu

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Figure 1 :

Doigt normal (angle : 160°).

Figure 2 :

L’ongle est incurvé, mais l’angle est normal (pas d'hippocratisme digital).

Figure 3 :

Disparition de l'angle (léger hippocratisme digital). Figure 4 :

La base de l’ongle est projetée en avant; le diamètre du doigt au niveau de l’ongle est augmenté dans les deux sens; l’onglé peut être ou non incurvé (important hippocratisme digital).

Au fur et à mesure que la déformation digitale s’accentue ,on s'approche de la description qu’en ont faite Trousseau, Serre, Esbach et de nombreux autres auteurs. Nous la résumerons en quelques mots : la phalange unguéale paraît raccourcie par un épaississement et un élargissement de la pulpe des doigts; en même temps, l’ongle, luimême épaissi, peut s’incurver vers la région palmaire. Cet ensemble donne lPaspect classique des doigts bulbeux, en

baguettes de tambour, avec des ongles qui peuvent être |

en verre de montre ou en bec de perroquet.

Cette déformation reste limitée à la dernière phalange, si bien que Schachter a proposé de parler de phalanges plutôt que de doigts hippocratiques.

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2° Aspect radiologique.

L'hippocratisme digital résultant d’une hypertrophie des parties molles sous-unguéales, le squelette de la phalangette ne présente, en général, pas d’altération. On peut cependant observer quelques-déformations osseuses contingentes, sous forme :

— d’ostéophytes;

— de proliférations floues de la moitié distale de la pha-

- langette; — d'atrophie de Ja phalangette.

On n’a trouvé de périostite engainante que dans des cas s’accompagnant de douleurs dans dés grosses articulations et semblant réaliser ainsi des formes frustes d’ostéo-arthropathie hypertrophiante de P. Marie.

b) Diagnostic différentiel.

1° Avec l'O.AH. de P. Marie.

Dans l’O. A. H, les doigts ne sont plus en baguettes de tambour, mais boudinés par l'atteinte de la totalité des phalanges; aspect des ongles n’est pas caractéristique de l’une ou Fautre affection. Mais, l’hippocratisme digital évolue sans manifestation ostéo-articulaire, douloureuse ou fonctionnelle, ce qui permet de faire le diagnostic avec les <as frustes d’O. A. H; localisés à la phalangette.

De plus, la gaine périostée et le boursoufflement des épiphyses constituent deux images radiologiques caractéristiques de l’O. A. H.. qu’on ne retrouve pas dans l’hippocratisme digital. |

La déformation hippocratique des doigts est-elle un stade de début de l’O. A. H. ? On ne connaît pas d’observation qui le montre clairement, si bien que, sans qu’on en ait la preuve formelle, on tend actuellement à diffé-

rencier ces deux déformations < pour des raisons de sé--

méiologie et d'évolution » (R. Saric).

2° Avec certaines déformations unguéales.

Elles sont fréquentes dans le R. A. A. et dans bien d’au-tres maladies ;on n’a pas hésité parfois à les assimiler à l'hippocratisme digital dont elles sont différentes

Un premier degré a été décrit par les Américains (W.-H. Rosenau), après une étude basée sur cent observations. Il s’agit de déformations particulières des ongles apparaissant dans 95 p. 100 des cas au cours d’une crise de R. A. A. où d’une chorée avec atteinte cardiaque, dans 75 p. 100 des cas au cours de formes évolutives de tuberculose. Ce sont de petites dépressions, temporaires ou durables, de la surface de l’ongle qui, dans certains cas, peuvent prendre l'aspect de sillons horizontaux ou longitudinaux, complets ou incomplets. Mais il n’y a rien là qui rappelle l’hippocratisme digital. Rosenau déclare d’ailleurs. n'avoir trouvé que deux cas d’hippocratisme digital, mais alors une endocardite lente s'était greffée sur les lésions rhumatismales antérieures. :

De même une incurvation de l’ongle ne s’accompagnant pas des autres caractères de l’hippocratisme digital et notamment du signe du profil digital n’est pas une véritable hippocratisme digital, comme lont fait remarquer S.-L. Lovibond en Angleterre, Gallardin et Gravier en France. Cette déformation unguéale isolée, qui n’est pas nécessairement présente dans l’hippocratisme digital, peut se rencontrer dans les cardiopathies acquises rhumatismales.

3° Avec des déformations de causes locales.

Nous ne ferons que citer les nodosités d'Haberden, le panaris sous-unguéal ,le périonyxis chronique, dont le diagnostic différentiel avec l'hippocratisme digital est évident.

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Nous pouvons donc conclure que le diagnostic différentiel avec les autres déformations digitales est, en général, facile mais nous retiendrons particulièrement le signe du profit digital qui permet d’éliminer les incurvations unguéales isolées et de faire le diagnostic précoce de l’hippocratisme digital.

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