‹ L'Hippocratisme Digital Dans Les Endocardites Malignes InfectieusesChapitre 18 sur 44 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(Service de M. le Professeur CREYX.) M... Alexandre, 61 ans, est envoyé salle 15 par son médecin

pour une cardiopahie à étudier et à traiter. Il entre à l'hôpital le 11 février 1947. |

Pac ne

Histoire de la maladie :

A la suite d’un effort violent, le malade est pris le 15 janvier, d’une crise de dyspnée intense avec douleur rétrosternale sans irradiation ni angoisse, sueurs et grande fatigue. La crise dure une demi-heure. Son médecin prescrit un régime lacté et une cure de digitale. ne

Depuis, le malade est moins fatigué et n’a plus de crise. Mais ses urines sont devenues franchement hématuriques, sans douleur rénale ni cystite.

Antécédents :

Blennorragie à 18 ans ;

‘ Bronchite avec toux et expectoration depuis 4 ans avec des crises à type d’asthme, peu intenses. |

Examen :

C’est un malade dont l’état général paraît bon malgré un fort amaigrissement depuis 3 ans. Son teint est coloré, sa langue et ses muqueuses normales. Il est apyrétique.

a) Appareil cardio-vasculaire 2

— pouls dicrote qui bat à 84 ; tension artérielle 18/7 indice 3 ; —— les artères sont en tuyau de pipe ;

; Pa cœur : la pointe bat dans le 5° espace sur la ligne mamelonnaire. On découvre une zone de matité rétro-sternale au niveau du 1‘ et 2° espaces à la percussion, cette zone dépasse le sternum vers

la droite.

A l’auscultation, souffle présystolique aortique se propageant vers la pointe; ébauche de bruit de galop.

b) Le foie dépasse le rebord des fausses côtes de deux doigts. La rate n’est ni percutable, ni palpable.

c) Les urines sont hématuriques, mais l’appareil génito-urinaire est normal.

d) Appareil respiratoire — Murmure vésiculaire normal; pas de râle.

— Toux légère avec expectoration muqueuse.

ou Re

Ce malade présente enfin un hippocratisme digital très net dont il ne peut préciser la date d'apparition. On fait alors quelques examens de laboratoire : — Réaction de Menicke négative.

Analyses d'urine qui décèlent une albuminurie variant de 0 gr. 16 à 0 gr. 25, de nombreuses hématies, des cellules épithéliales, des cylindres granuleux et quelques leucocytes.

— Urée à 0 gr. 35.

On pense à une néphrite chez un aoriique.

Evolution : |

Mais l’évolution fait abandonner ce diagnostic. En effet, la formule sanguine du malade est la suivante :

— Hémoglobine : 70 p. 100.

— Hématies : 3.600.000.

— Leucocytes : 20.600 avec :

— Lymphocytes : 14.

— Cellules réticulo-endothéliales : 27.

— Poly neutro : 59.

Par la suite, les autres examens montrent toujours une réaction du S.R.E. De plus, le malade devient fébrile. Le diagnostic de maladie d’Osler est envisagé. Les 15 et 18 février, au cours de poussées fébriles à 38°2, on fait deux hémocultures qui sont négatives.

Un traitement par des injections intra-musculaires de pénicilline est institué : le malade en reçoit 5.000.000 d'unités. Il quitte l'hôpital dans un état satisfaisant.

Diagnostic :

Maladie d’Osler au début probable.

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