OBSERVATION III
(Service de M. le Professeur DUPÉRIÉ).
Z.. (Sagtania), 37 ans, entre à l'Hôpital le 12 mai 1947 pour une deuxième poussée fébrile au cours d’un endocardite maligne déjà traité en décembre dernier par des hautes doses de péniciiline.
Histoire de la maladie.
Début en août 1946 par un épisode brutal : hémiplégie droite et paralysie faciale gauche; l’hémiplégie régresse rapilement landis que la paralysie faciale persiste 1 mois 1/2. A ce moment, ni frisson, ni température.
Dix jours après, la malade tombe dans le coma à son réveil; hospitalisée salle 5, elle sort de son coma au bout de 24 heures el ne présente pas de séquelle. Elle sort 8 jours après pour se
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rendre à Langon. La sœur de la malade lui fait alors remarquer que l’extrémilé de ses doigts est cyanosée et déformée er baguette de tambour.
La maladie évolue de la façon suivante
— La fatigue générale s’accentue avec amaigrissement, anorexie, pâleur du visage; pas de fièvre.
— Apparition de douleurs rhumatoïdes, qui se localisent au genou et à la cheville gauche, avec paroxisme nocturne, gonflement des articles, hyperémie de la peau.
— Peu de temps après, frissons répétés; la température n’est pas prise.
Cet état se prolonge jusqu’au mois de décembre, avec des hauts et des bas, grande asthénie, apparition le 15 novembre de nodosités d’Osler aux extrémités des doigts de chaque main, surtout au niveau de l’index, du médius et de l’annulaire. Au point de vue cardiaque, quelques palpitations seulement.
Le médecin de la malade, en raison de quelques signes intestinaux, avait pensé à-un état typo-paratyphique. Mais, le 8 décembre, frissons intenses, poussée thermique à 39°, découverte d’un gros souffle systolique de la pointe avec propagation dans l’aisselle. Pas d’hémorragie ni purpura, ni embolie, ni infarctus; rate percutable. Ces signes font faire le diagnostic d’une maladie d’Osler. On commence un traitement par la pénicilline (23.000.000 d'unités), qui amène une chute de la température et, aux dires de la malade, une régression de l’hippocratisme digital; l’état général s'améliore, mais le souffle cardiaque persiste. Une hémoculture avait permis d'isoler du staphylocoque blanc le 15 janvier (souillure probable).
Le 5 mai 1947 : nouvelle poussée de température à 40°3, avec frissons, qui l’amène à l'Hôpital le 12 mai.
Antécédents
Chorée à 10 ans; pendant quelques années, douleurs articulaires fugaces, sans température.
EEE
I y a + ans : palpitations et douleurs précordiales; un medecin consulté constate, à la radiographie, une dilatation du cœur gauche.
Zona en août 1946.
Etat actuel :
A l'entrée à l'Hôpital, malade pâle, asthénique, anoréxique avec une température à 39°, un pouls à 96.
Quelques douleurs articulaires à la jambe gauche.
La palpation du cœur révèle un frémissement cataire à la pointe et l’auscultation un souffle systolique de la pointe avec propagation vers l’aisselle, suivi d’un roulement diastolique et d’un dédoublement du second bruit à la pointe également. A la base, souffles systoliques pulmonaire et aortique. Pas de signe fonctionnel cardiaque. :
La rate n’est ni percutable, ni palpable. Les autres appareils sont normaux.
Net hippocratisme digital : courbure unguéale à peu près normale, mais augmentation du diamètre de la phalangette dans les deux sens; pas de cyanose.
Examens de laboratoire :
Sang : Hb. 80 p. 100.
Hématies 4.000.000.
Leucocytes : 5.200 (polynucléose).
Urée 0,22; Ménicke négatif.
Urine : normale.
600.000 unités de pénicilline intra-musculaire par jour amènent une chûte de la température, qui se maintient sub-normale.
Hémoculture le 2 juin : négative.