‹ L'histoire admirable de Jeanne d'Arc, pucelle d'OrléansChapitre 59 sur 83 · G JKANNE DAllC t)L' LA PUCELLE D0UL1:ANS · texte numérisé non relu

G JKANNE DAllC t)L' LA PUCELLE D0UL1:ANS

riiotel du Conseil Royal, près du château de Rouen, huit seulement de ses assesseurs. Il leur exposa l'historique des dénuu'ches qu'il avait faites jusqu'à ce jour, par lesquelles il était en possession de la personne de Jeanne, et se trouvait en mesure de la juger ; il leur donna lecture de toutes les pièces concernant ces démarches, et les assesseurs décidèrent qu'il y avait lieu de prendre des informations sur l'accusée.

Disons maintenant, pour n'y pas revenii*, que ces informations ont été prises. Un commissaire spécial, ayant été délégué, se rendit en Champagne ; il y vit le bailli de Chaumont (au nom du jeune Henri Yl), Jean de Torcenay, qui désigna, pour accompagner le commissaire, Nicolas Bailly, tabellion d'Andelot en Champagne. Ce dernier, visitant le pays de Jeanne, interrogea quinze témoins environ (i). Tout ce qu'il recueillit fut à la louange de la Pucelle; aussi Torcenay, voyant le résultat de ren([uète, dit avec colère à Bailly : « A ous n'êtes qn'iiM Armagnac!» De même, Févèque de Beauvais, loi'scpiil reçut le commissaire à son retour, lui déclara qu'il était un traître, un méchant homme; qu'il n'avait pas fait ce qu'il devait dans l'exécution de son mandat; et finaiement, refusa de le payer de sa peine et même de Ini rembourser ses dépenses. Ce commissaire déclara dans la suite à riin tic ses amis <( qu'il n'avait rien trouvé dans Jeanne que ce (pTil eût voulu rencontrer dans sa j)i opi'c s(ein*. » Si l'enquêteur avait été maltraité delà scutf. r'csl ({uc les renseignements recueillis par lui ne

(i; Jl lit sou ciiquOlc dans plusieurs ijuroisses.

pouvaient servir aux desseins de l'inique prélat, esclave

des Anglais.

Toujours est-il que ces informations, toutes favorables à Jeanne, ne furent ni communiquées aux assesseurs, ni portées au Procès, mais détruites par Gauchon : belle

Page 1