‹ L'histoire admirable de Jeanne d'Arc, pucelle d'OrléansChapitre 60 sur 83 · L INTKKIEUR DE LA TOUR DE JEANNE D ARC, A ROUEN · texte numérisé non relu

L INTKKIEUR DE LA TOUR DE JEANNE D ARC, A ROUEN

conduite pour un juge! Gela suffirait à frapper le procès de nullité.

Revenons à la séance du 9 janvier. L'évêque de Beauvais y constitua les officiers destinés à l'assister dans le cours du procès. Furent nommés :

Promoteur (c'est-à-dire chargé de soutenir l'accusation) : un misérable, sans foi ni loi, âme damnée de Gauchon, Jean d'Estivet, ancien ficaire général du diocèse de Beauvais;

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Coiiimissairc exaniiiialeur des téinoins : Jean de La Fontaine, homme instruit, dont Cauchon pensait à tort pouvoir se servir comme d'instrument ;

Greffiers : Guillaume Manchon et Guillaume Colles, dit Bois-Guillaume (i), (ces deux jeunes prêtres, d'un caractère faible, paraissent n'avoir fait preuA e que d'une impartialité médiocre) ;

Exécuteur des mandements et convocations, c'est-àdire huissier : Jean Massieu, autre jeune prêtre, qui témoi- *^na de la sympathie à Jeanne, malgré les menaces dont il fut l'objet de ce chef.

C'est par les trois derniers personnages nommés, qui devaient atteindre un âge assez avancé, que l'on a connu beaucoup de précieux détails sur le procès de Rouen.

Le samedi suivant, i3 janvier, Cauchon réunit dans sa maison six des assesseurs, et leur lit donner lecture de quelques informations réunies par lui sur la Pucelle (uiais non pas, bien entendu, de celles qu'il avait commandées le 9 janvier et qui ne pouvaient encore avoir été rapportées de Domremy). Puis, on décida de rédiger quelques articles, contenant les principaux chefs d'accusation. Ces articles étant prêts, le 28 janvier, lecture en fut donnée, dans le même local, devant les mêmes assesseurs. On résolut ensuite de procéder à Y enquête préparatoire sur les faits et dires de la prisonnière.

(i) Ces deux greffiers (ou notaires), qui vivaient encore en i456, comparurent lors de l'enquête de réhabilitation. Rien d'aussi piteux que leurs d«j>"silions, si ce n'est celle de Tii. de Coureelles !.... Manchon et lîois- (iiiilliiiiiiie étaient jui'i(li([uenient responsables des lalsiliealions opérées sur l«s procès-verbaux primitifs, — dont le texte fut, de plus, arrangé par (^()iirc( lies, celui cpii les traduisait de français en latin.

PREMIERS LNTERROGAÏOIRES - LES XII ARTICLES .jq

Le mardi i3 février, encore dans la maison de Caiiclion, se réunirent les mêmes six personnages, auxquels étaient venus s'ajouter les six docteurs de l'Université de Paris, requis par Gauchon pour le seconder en toutes choses dans cette inique affaire. C'étaient Jean Beaupère, Girard Feuillet, Pierre Maurice, Nicole Midy, Jacques de Touraine et Thomas de Gourcelles ; tous entièrement dévoués à la cause anglaise aussi bien qu'à la personne de Gauchon. Devant eux, Jean d'Estivet et les autres officiers du procès prêtèrent le serment habituel.

Le 19 février, les douze mêmes assesseiu^s, toujours réunis chez Gauchon, prirent connaissance de Venquète préparatoire, décidèrent qu'il y avait lieu de poursuivre le procès, et demandèrent son concours au vicaire de V inquisiteur pour le diocèse de Rouen, Jean Le Maître, de l'Ordre des Frères Prêcheurs. Ge dernier était un homme timide, un trenibleur dans toute la force du terme, condamné d'avance à subir toutes les pressions. Il se récusa d'abord comme n'étant délégué que pour le seul diocèse de Rouen, et la cause appelée relevant de l'évèché de Beauvais. Mais Gauchon écrivit immédiatement à rinquisiteur général de France, pour lui demander de munir Jean Le Maître de pouvoirs spéciaux. Il obtint ce qu'il désirait, à la date du 4 mars; a partir du i3 de ce mois, le vice-inquisiteur siégea donc à ses côtés, en compagnie du greffier Nicolas Taquel.

Parmi les assesseurs ayant suivi toutes les séances préliminaires, il faut citer un chanoine de Rouen, Nicolas Lojseleur, peut-être la plus abominable et la plus

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repoussante ligure de tout le procès. Cet homme comptait parmi ceux que Cauchon et les Anglais avaient aclietés : il voulait par conséquent la condamnation quand même de Jeanne. Mais non content de cette première infamie, il en consentit mie seconde qui semble dépasser les bornes de l'humaine méchanceté! Malgré toutes les précautions prises, Cauchon n'était pas sùi^ de trouver un motif tant soit peu plausible de condamnation. Il lui fallait un homme qui voulût bien espionner Jeanne, puis la tromper ; l'induire en erreur sur les choses à dii*e pour sa défense; lui persuader de prendre telle ou telle attitude qui put permettre à ses juges de la condamner; en un mot, la pousser dans le piège que lui tendait la perlidie du schismatique évêque de Beau vais. Loy scieur accepta ce rôle immonde. Et ne semble-t-il pas que le nom même qu'il portait le désignât pour tendre les filets sous les pas de la colombe? 11 y a des rencontres bizarres et qui paraissent n'être pas de simples jeux du hasard.

Nicolas Loyseleur ne siégeait au tril^unal qu'en Tabsence de Jeanne : les quelques fois qu'il y parut pendant les interrogatoires, il se dérobait sous des tentures, ou bien il couvrait sa présence de quelque hypocrite prétexte. Mais, pendant tout le temps du procès, se donnant à Jeanne comme un aiwi français, il joua même en cette qualité le double rôle que voici : durant les premiers jours de la détention, il mascpia ses traits, prit le vêtement d'un cordonnier, pénétra jusqu'à la prisonnière et se lit passer pour un compagnon de ses fers; il lui dit êlrt' son t'oiDp/ifriote, et s'efl'orça d'entrer dans ses secrets.

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Mais comme il n'arrivait à rien de cette façon, il changea de tactique : reprenant son visage et ses habits ordinaires, il se présenta comme un ecclésiastique du parti français, tout dévoué poiLr sa défense.

Par ce moyen, il gagna l'affection de la Pucelle, devint son confident, son confesseur même (!) en un mot son unique directeur dans les difficultés présentes, la poussant tantôt dans tel sens, tantôt dans tel autre. Quant à ce qu'il comptait faire de ces confidences, un seul trait, raconté plus tard par le greffier Manchon, nous édifiera là-dessus.

Loyseleur se rendit un jour dans la prison de Jeanne, pour avoir avec elle un entretien secret sui^ des matières touchant le procès. Il la fit asseoii' le dos tourné vers une ouverture donnant sur la pièce voisine ; là se tenaient l'évêque de Beauvais et le comte de WarAvick, gouverneur de Rouen. Ils avaient amené les greffiers du tribunal, et prétendaient leur faire écrire ce qu'ils entendraient de cette manière ; mais les greffiers eui^ent l'énergie de se refuser à pareille besogne, déclarant qu'il n'était pas honnête d'instruii^e un procès de la sorte.

Le traître en fut réduit, par la suite, à porter lui-même à Pierre Gauchon les confidences de la pauvre fille. Il continua ce rôle perfide jusqu'au dernier instant que la Pucelle resta dans sa prison. Ce fut seulement deAant le trajet de Jeanne vers l'échafaud, que le misérable reconnut son crime, — nous verrons dans quelles circonstances. Mais ce qu'il importe de remarquer comme un fait de première importance, c'est l'existence de ce conseil de perdition, de ce trompeur en perma-

nence qui déi^uisait à Jeanne la vérité, pour Tamener à certains dires ou eertains actes compromettants, et cela pendant toute la durée du procès. Répétons-le bien, et ne l'oublions jamais : Jeanne, deux fois mineure, par son âge et par son sexe, a^ait demandé qii'on lui donnât un conseil. Loin de lui donner un conseil loyal, ce qu'un juge n'a jamais le droit de refuser à l'accusé, quel qu'il soit, on lui fournit un conseil de perdition, qui n'avait qu'un but : « la faire prendre. »

C'est dans ces conditions que se déroulèrent les différentes phases du drame de Rouen. La Pucelle subit d'abord, du 2T février au 3 mars, six interrogatoires publics, où. tous les assesseurs pouvaient assister. Comme ces séances tournaient à son triomphe, on eut recours aux interrogatoires secrets. L'évêque, ou son délégué, se rendit alors dans le cachot, avec quelques assesseurs seulement; et, du lo au 17 mars, lit subir coup sur coup à Jeanne, neuf longs et pénibles interrogatoires. On rédigea les assertions recueillies dans ces séances : on les lut à l'accusée, qui reconnut ses réponses; puis, le 26 mars, Pierre Cauchon et quatre assesseurs, tous de l'Université de Paris, tirent à Jeanne dans hi prison, une exhortation à reprendre l'habit féminin. Elle s'y refusa; nous expliquerons sa conduite au chapitre suivant.

Tout ce qui précède se rapporte à V instruction de la cause. Le lendemain, 26 mars, commença le procès ordinaire. Le promoteur d'Estivet rédigea l'acte d'accusation en soixante-dix articles; cette pièce fut lue à Jeanne en deux séances, les 27 et 28 mars. On ne peut imaginer

tissu de calomnies plus éhontées, de mensonges plus évidents, d'erreurs plus grossières et de stupidités plus flagrantes; tout cela mêlé, confondu, trituré dans un inextricable dédale, avec des choses vraies et d'ailleurs licites. On reprochait à Jeanne, entre autres choses (car il serait trop long de tout rapporter) :

D'avoir eu dans son enfance des pratiques superstitieuses autour de l'arbre des Fées; de s'être mise en rapport avec Satan et les esprits mauvais; d'avoir, à Neufchâteau, vécu dans la compagnie des femmes perdues et des gens de guerre; d'avoir tenu des propos inconvenants aACC Robert de Br.udricourt; de faire usage d'habits d'homme ; de porter les armes ; de s'être vantée qu'elle ferait lever le siège d'Orléans, couronner le dauphin Charles à Reims, et qu'elle chasserait tous les Anglais de France; d'avoir dit qu'on ne ferait bonne paix qu'avec le bout de la lance et du glaive; d'avoir mis des croix et les noms de Jésus et de Marie sur ses lettres; de s'être dite envojrée de Dieu, même pour des choses tendant à la violence, à l'effusion du sang humain ; de refuser de révéler le secret donné par elle à Charles comme signe de sa mission; d'avoir fait des prophéties et d'en faire encore; de déclarer entendre les Voix des archanges, des anges, des saints et saintes de Dieu; de n'avoir pas obéi toujours à ces A^oix qu'elle dit venir de Dieu; de déclarer que tout ce qu'elle fait, elle le fait d'après l'ordre de Dieu; d'avoir dit qu'elle croyait n'avoir jamais fait de péché mortel; d'avoir fait la Sainte Communion en halDits d'homme ; d'avoir essayé de se suicider à Bcaurevoir; d'avoii», suivant son dire,

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enil^rassé sainte Catherine et sainte Marguerite et de les avoir touchées; d'avoir dit que ses Saintes aimaient les Français et détestaient les Anglais; d'aAoii' reçu d'elles hi révéhition de son sahit éternel, pourvu qu'elle gardât sa virginité; d'avoir manqué de révérence envers Dieu, dans la plainte qu'elle lit à ses Saintes, au château de Beaurevoir, à propos des gens de Compiègne; d'avoir caché s?s révélations au curé de sa paroisse, ainsi qu'à ses parents ; de ne les avoir point soumises soit àl'Egiise, soit à quekfue évêque; d'avoir accepté pour sa personne des marques de vénération qui n'étaient que de l'idolâtrie; de prier ses Voix, et par là même, d'invoquer les démons; de s'être dite guidée par un ange, à Gliinon, pour porter une coui'onne à Charles; d'être adorée comme une sainte.

On lui reprochait encore les prières (collectes) faites par vénération pour elle en certaines églises; les médailles à son effigie, que beaucoup portaient avec conliance; le commandement d'une armée, parfois nombreuse. On lui reprochait de vivre en compagnie des hommes, d'être servie par eux; de posséder des richesses, un grand train de maison ; d'avoir deux conseillers, appelés conseille/s de la Fontaine (selon ce que Catherine de la Rochelle avait dit à l'official de Paris) (i); d'avoir échoué devant Paris, à La Charité-sur-Loire, à Pontr^vêque (2), à Conq)iègne, après avoir promis la vie

(i) V ccl uilitle, Jeanne déclare ne pan savoir ce que cela vent dire {Condanm., I, ugS.)

{•j.) l'vScarnioïK-he pendant la campagne de (IttHipiegiie, dans les derniers jours de l;i rncelle.

toire de la part de Dieu ; d'avoir fait peindre un étendard, puis ses armes personnelles, ce qui n'était que faste et vanité, non religion et piété; d'avoir mis une de ses armures à Saint-Denys, pour en faire des reliques; dans la même ville, d'avoir versé de la cire fondue sur la tète des petits enfants, en leur prédisant Ta^'enir; de refuser de se soumettre à l'Église militante ; de s'attribner l'autorité de Dieu même et des anges, pour s'élcA er audessus de tout pouvoir ecclésiastique; de prétendre être pardonnée du péché commis contre ses Voix à Beaurevoir (i), ce qui va contre l'Écriture, laquelle affirme que nul ne sait s'il est digne d'amour ou de haine, etc.

Voilà le résumé du réquisitoire de Jean d'Estivet; le lecteur admettra que nous aA' ons eu raison de le qualifier sévèrement. Ce qu'il contient d'exact est absolument innocent; le reste est pure calomnie. Jeanne en protesta maintes fois, quand elle entendit la lecture de ce factum : mais, sans opposer aucun témoignage, on se contenta de passer outre.

Cependant, on n'osa produire au public un tel assemblage d'absurdités. L'évêque et ses complices virent bien que l'œuA're était à refah^e : Nicole Midy fut chai^gé de cette besogne, et, le 5 a^a^il, l'accusation se trouvait résumée en douze articles, beaucoup plus perfidement, agencés que le réquisitoire précédent. Cette pièce, déchargée de beaucoup des stupidités que nous venons de lire, impute à la Pucelle, en fait de crimes : — Tout ce qui se rapporte à ses révélations (qu'on s'efforce de pré-

(i) On a vu ce qu'il faut penser de cette fameuse affaire de Beaurtvoir.

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senter comme relations avec le démon); le port de l'habit d'homme: enfin, le refus de soumission au jugement de l'Église militante. On ne donna pas connaissance (i) à Jeanne de ce résumé tout écrit contre elle ; mais on le lit parvenir : — à l'Université de Paris: aux trois évèques d'Avranches, de Coutances et de Lisienx, les seuls des six sufîragants de Rouen alors présents dans leurs évêchés; à plusieurs abbés ayant rang de prélats: au Cliapitre de Rouen, en tant que corps ; enfin, à grand nomi^re de savants en théologie, en droit canon et droit civil.

Remarquons bien que l'évêque de Reauvais prenait sur lui cVafJirmer la vérité des faits contenus dans les douze articles, et qu'il demandait seulement, à chacun des personnages ou corps consultés, de donner (2) son avis sur les articles tels qu'ils étaient rédigés. La réponse devait être nécessairement non pas un jugement de Jeanne, mais une appréciation de la pièce, de la somme des douze calomnies soumise par Pierre Gauchon anx délibérations des prélats et dés savants clercs.

Les réponses ne tardèrent pas. Celle de l'évêque d'Avranches était nettement contradictoire aux idées de Cauchon : elle réclamait Venvoi de la cause de Jeanne au Pape; aussi fut-elle supprimée(!)par l'inique juge (3)

(I) Presijue tous ces tristes détails proviennent des aveux des gief- (icrs encore vivants lors de l'enquête de réhabilitation (i456). (lélait l'intérêt de ces témoins, fort compromis dans les affaires de i43i.dattéuutrleplus possible les iniquités alors commises: mais le quils ont dit est snflisant et plus qm* suflisaut, et permet déjuger le tribunal de Cauehou.

Kl) Par écrit et scellé.

(S) (' Le mépris du Pape et de la véritable hiérarebi»' lalliolique est 1 un des caiaclrr«'S les plus nets des soi-disant juj^ts iK- Koueii. » {\\. P. Ayuolks.; — 11 est des gens, écrit Lkon XIII. « qui ne craignent

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dans les comptes rendus définitifs du procès. Plusieurs des docteurs consultés firent d'importantes réserves, les uns dirent : « Cette femme est coupable, à moins que ses révélations ne viennent de Dieu; ï) d'autres : <( Elle ne doit pas porter d'habits d'hommes, à moins que ce ne soit pour préserver sa pudeur. »

Les chanoines de Rouen, convoqués, commencèrent par s'abstenir en majorité de se rendre à la salle capitulaire. Sous la menace d'une peine disciplinaire, ils se réunirent enfin; mais leur délibération ne fut pas très faA'orable à l'accusation.

Plusieurs grands clercs (les vrais complices de Cauchon) répondirent avec empressement. C'étaient surtout les professeurs délégués de l'Université de Paris, Nicolas Loyseleur, et quelques autres : ceux-là furent complètement favorables aux vues de l'évêque de Beauvais.

Au demeurant, deux vœux semblaient résulter de toutes les réponses : d'abord, que les douze articles fussent soumis au corps de l'Université de Paris ; ensuite, que de nouveaux avertissements fussent adressés à la Pucelle.

Cauchon se soumit volontiers à cette double demande qui ne lui coûtait rien. Il envoya vers l'Université de Paris, déjà saisie des douze articles, quatre docteurs de ladite Université qui, pour lors, se trouvaient à Rouen.

pas d'imputer à l'Église lïnjuste condamnation de la Pucelle, condamnation portée par des hommes ennemis acharnés du Saint-Siège. Réfuter sagement, à la lumière et sur la foi des monuments, ces assertions et celles qui leur ressemblent, est d'une grande importance : c'est une excellente manière de bieu mériter de la religion et de la société oiyile. » (iSq^.)

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Puis il se rendit lui-même, le i8 avril, dans la prison de Jeanne, pour lui faire une exhortation; et comme elle persévérait à ne pas admettre lïndigne procédure, il prépara ce qu'on appelait une admonilion publique.

Elle eut lieu, le 2 mai, dans une salle du château de Rouen, en présence de Cauchon et de soixante-trois assesseurs. Il va sans dire que cette formalité n'eut pas plus de succès que tout le reste auprès de Jeanne ! Mais il est temps de reporter nos regards sur la Pucelle, et de voir comment elle se comportait en face de ses prétendus juges.

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