N° III
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Lettre de Jeanne d'Arc au duc de Bourgogne,
Jhésls, Marla. (i).
« Haut et redouté prince, je, Jeanne la Pucelle, vous requiers, de par le Roi du Ciel, mon dioilmier et souverain Seigneur, que le roi de France et vous fassiez bonne paix, ferme, qui dure longuement. Pardonnez l'un à l'autre de bon cœur, entièrement, ainsi que doivent faire loyaux chréliens : et s'il vous plaît à guerroyer, si allez sur les Sarrazins.
» Prince de Bourgogne, je vous prie, supplie et requiers, lant humblement que requiérir vous puis, que ne guerroyiez plus au saint royaume de France ; et faites retirer incontinent et brièvement vos gens qui sont en aucunes places cl forteresses dudit saint royaume. De la part du gentil roi de France, il est prêt de faire la paix à vous, étant sauf son honneur; si, il ne tient qu'à vous.
» Vous fais savoir, de par le Roi du Ciel, mon droiturier et souverain Seigneur, pour votre bien et pour votre lionneur, et sur votre vie, que vous ne gagnerez point bataille à l'encontre des loyaux Français; et que tous ceux qui guerroient contre le saint royaume de France guerroient contre le Roi Jhésus, Roi du Ciel et de tout le monde, mon droiturier et souverain Seigneur.
» Et vous prie et requiers à jointes mains, que ne fassiez nulle batailk', ni ne guerroyiez contre nous, vous ou vos sujets. Et croyez sûrement que, quelque nombre de gens que vous ameniez contre nous, ils n'y gagneront mie; et sera grand pitié de la bataille, et du sang répandu de ceux qui vienchonl contre nous.
» Il y a trois semaines que je vous avais écrit et envoyé bonnes k'ttres par un héraut, alin (jue vous fussiez au sacre du roi, qui aujourd'hui, dimanche WW jour de ce présent mois de juillet, se
(1) Nous avons, selon notre coutume, rajeuni le texte de ectti- nolilc lettre, a(în «i«-n laeilitcr la lecture; ainsi, nous avons enujjé les phrases, (jue leur longueur (eelait dans 1rs lialiihules de rrpiKiuc) rend souvent oliseures. Mais nous nous •ouiiucs elTorcés de m i)as altérer le caractère de la pièce.
PIECES JUSTIFICATIVES
fait en la cilc de Reims : dont je n'ai point eu de réponse, ni ouï oneques puis nouvelles dudit héraut.
» A Dieu vous recommande ; et soit garde de vous, s'il lui plaît. Prie Dieu qu'il mette bonne paix !
» Fait audit lieu de Reims, ledit XYII<^ jour de juillet.