‹ L'histoire admirable de Jeanne d'Arc, pucelle d'OrléansChapitre 82 sur 83 · APRES LA MORT DE JEANNE DARC · texte numérisé non relu

APRES LA MORT DE JEANNE DARC

8 juin 1431. — Les politiques sans conscience qui régnaient sons le nom du jeune Henri VI font écrire par cet enfant une lettre à tous les princes de la chrétienté, pour leur annoncer « la condamnation, la rechute et le supplice d'une certaine femme appelée Jeanne. » — Inutile précaution ! déjà l'opinion publique exaltait la victime et flétrissait les bourreaux.

15 février 1450. — Lettres patentes du roi de France, de Charles Vil, enfin maître de la ville de Rouen, lesquelles donnent commission à Guillaume Bouille, célèbre canoniste, de faire ime enquête sur le procès de Jeanne la Pucelle, que les Anglais ont mise à mort « iniquement et très cruellement. »

Années 1450, 1451, 1452. — Diverses enquêtes de Bouille, Bréhal, etc. Mémoires consultatifs des docteurs.

11 juin 1455. — Rescrit du pape Calixte III, qui fait droit à la s ipplique adressée au Saint-Siège (i) par la famille de Jeanne, à l effet d'ol)tenir la revision de la chose jugée, « pour la recouvrance de leur honneur et de celui de ladite Jeanne. » Le Pape nomme commissaires ou juges apostoliques : l'archevêque de Reims (Juvénal des Ursins), l'évêque de Paris (Guillaume Ghartier) et l'évêque de Coutances (Richard de Longueil).

7 novembre 1455. — En l'église cathédrale de notre Paris, redevenu ville française suivant la prophétie de Jeanne au faux tribunal de Rouen. — a lieu la première audience solennelle du tribunal apostolique, devant lequel la vieille Isabelle, mère de Jeanne, et ses deux frères, Pierre et Jean, requièrent la revision et l'annulation du procès de i43i. — Le tribunal s'étant transporté de Paris à Rouen, les assignations juridiques sont publiées en cette cité. Sommations au successeur du malheureux évêque de Beauvais, Pierre

(i) L'appel tant de fois et vainement répété, pendant l'horrible procès, de la Pucelle au Pape, était enfin entendu! Piedisons ici, pour ceux qui ne le savent pas encore, que les tristes juges de notre héroïne étaient des prêtres d'une foi très suspecte : on retrouve au Concile schismatiquc de Râle presque tous les vilains oiseaux de Rouen. On comprend leur irritation lorsque Jeanne en appelait au seigneur Pape de Rome.' Le texte du décret d'introduction de la Cause dit nettement : Iniquoi'um scntentia judicum, qui seldsmalico Basiiiœ Convdio studehant. (Voir l'excellent ouvrage du P. Pie de Langogne, auquel nous avons fait plusieurs emprunts : Jeanne d'Arc devant la Sacrée Congréifulton des Rites, i(S94.)

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Caiiclioii. (léfuiit (i), à sa famille, à tous ceux qui, de quelque manière, avaient pris part au procès de Rouen. — Le tribunal ordonne des entjuètes, qui sont menées aux dates et dans les régions suivantes :

28 janvier-11 février 1456. — Enquêtes dans les Marches de Lorraine;

22 février-16 mars 1456. — Enquêtes en la ville d'Orléans;

2 avril-ll mai 1456. — Enquêtes à Paris ;

10 avril-4 mai 1456. — Enquêtes à Rouen.

28 mai 1456. — A Lyon, déposition de Jean d'Aulon, l'ancien écuyer de Jeanne.

10 juin 1456. — Le tribunal ecclésiastique déclare définitivement acquis renseinble des documents compulsés.

7 juillet 1456. — Sentence des jui2:es apostoliques :

(( Xous, aya;it Dieu seul en vue (2), prononçons et décrétons,

que lesdils procès et jugements (de i43i) contre Jeanne contiennent le dol le plus manifeste, la calomnie et Yimquité, avec des erreurs de droit et de fait. Le tout est déclaré nul et sans effet (3), ainsi que les conséquences, et (en temps que besoin) cassé et annulé comme n'ayant ni force ni valeur.

» ...Que ladite Jeanne, ainsi que les demandeurs et parents d'icelle. n'ont encouru ni conlraclé, à l'occasion des jugements susdits, aucune note ou tache dinl'amie, ce dont (en loul événement) ils sont entièrement lavés et déchargés. »

Paroidre du tribunal apostolique, celte sentence fut affichée dans loulcs les j)ar()isses du royaunu'.

Année 1869. — Un grand nombre d'évêques français, ayant à kMir tète Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans, adressent au pape l'ic IX une suppli<|ue, afin d'obtenir la canonisation de Jeanne (l'Arc. Le Pape répond <pie le Saint-Siège ne peut faire acte dans ce sens, si \es procrs ot-dinaii-rs n'ont été préalablement instruits.

Années 1874, 1875, 1885, 1888. — Procès ordinaires dans la ville d'Orléans.

(I). On sait que Cauchon et ses principaux complices nioiunrcnl de inali- mort, «•l (pir ir; peuple y vit la main de Dieu, ven}ifcant la niarlyie el frapi)aiil les perséeuleurs.

(a) Diiiiii noliiin prœ ucuUs habcnles.

(3) Irrilus ri iunnis.

11 octobre 1888. — Trente-deux prélats — cardinaux, archevêques, évèques, réunis dans la cathédrale d'Orléans, écrivent une lettre postiilatoire collective au pape Léon XllI, louchant l'introduction de la Cause.

27 janvier 1894. — Léon XllI signe le décret d'introduction de la Cau^e orléanaise de béatification et canonisation de la vénérable servante de Dieu, Jeanne d'Arc, vierge, dite la Pacelle d'Orléans.

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