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LA CHUTE DE DARIUS

Depuis fan 3S6 jusqu'à Tan 3a3 avant J.-C.

DabivsIII ou Godoxas, élevé ^«ns Fînfortune et la retraite par sa mère Sisygambifi, prinoeaae fiage et Tertueuae, à laquelle il devais deux fois la vie , était d%iie , par sies belles qttalités, de la brillante position où Bagoas Tayail placé. Dès s| jeaaes9e, il déploya im grand courage a la guerre , et lorsqu'il fut parvenu au trône , sou tini* que désir eût été de rendre ses peuples riches et puissans. Malheureusement il n'eut pas le temps de .réaliser ses 4ionnes intentions ^ et nous allons voir combien il eut mieux valu pour lui ne jamais recevoir 1 empire, que d'éprouver tous les malheurs qui Tattendaicnl sur le trône.

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Bagoas , cet ambitieux qui avait déjà fait et défait deux rois, s^était d*abord flatté que Darius ne ferait que se ployer à ses volontés, et que lui seul gouvernemt la Perse sous le. nom de^ce prince; mais il ne tarda pas à s'apercevoir que le nouveau roi était incapable de se prêter ainsi à ses caprices, et déjà las de Ta voir placé si haut , il prit la résolution de s'en défaire en Tempoisonnant, comme il avait empoisonné Ochus. Darius, plus adroit que ce dernier , parvint à découvrir son complot, et ayant changé de coupe avec son ministre, celui-ci avala le poison qu'il a^ait préparé. iS|L mort délivra Darius d'un ennemi 'dangereux autant qu'habile, sans que pour cela on pût l'accuser d'ingratitude, puisque Bagoas lui^mém& était l'auteur de sa propre perte.

Cependant un péril plus grand encore que le complot de cet Égyptien menaçait à la fois Darius et son empire : les Grecs, ces peuples guerriers dont le premier Darius et son 6ls Xerxès avaient éprouvé la

LA CHUTE DE DAllIUS/ ao5 valeur, et que la retraite des dix mille avait fait redouter de toute TAsie , se trouvèrent réunis sous un seul chef, et vin- Ant porter la guerre au miiieu même du royaume des Perses. Ce chef était Alexan- ' DRE , roi de Macédoine , que Ton a surnommé LE Graud, à cause des grandes choses qu'il a faites.

Je ne vous raconterai point ici, mes petits amis, l'histoire merveilleuse de ce .prince, qui , avec une poignée d'hommes, attaqua le plus puissant empire de la terre, et le renversa compléteihent ; vous en trouverez lo récit dans un autre livre que .vous étudierez après celui-ci fil faut seu- • lementque vous sachiez qu'après plusieurs batailles sanglantes gagnées par les Grecs, la reine Sisygambis , Statira , femme de Darius, et toute la famille de ce prince infortuné, tombèrent au pouvoir du vainqueur, et que le pauvre roi lui-même périt assassiné par un traître nommé Bessus.

Par ces victoires , Alexand/e-le-Grand se rendit entièrement maître du vaste

HtBT. AirCIENNE. 5« ED. J2

%q6 "la fflUTE D£ DARIUS, roytame des Perses , et il fat devenu le plu» puissant roi qui eût jamais existé , ai uoe mort prématurée ne l'eut arrêté un milieu de sa prodigieuse fortune , a|i uA* ment même où elle paraissait ne plus avoir de bornes.

Alexandre ne survécut donc qu^un petit nombre d'années au malheureux Darius ; mais , après lui, Tempire des Perses ne se releva point pour cela d'une si affireuse secousse : fondé par le grand Cyrus , il avait péri avec Darius^doman*

Si vous étés asses raisonnables, mes enfans , pour écouter attentivement la leçon quMl hxA tirer de cette grande catastrophe qui changea la face du monde , je vous prie de ne peint ToubUer, parce qu'elle pourra vous être utile dans le cours de vos études.

Vous &rex donc bien de remarquer que lorsque les premiers Assyriens se farent abandonnés à la moUesse et aux débauches, leur pubsance s'écroula sousSardanapale ^ que Babylone périt dans le lu-

LA. CHUTE D£ DilRIUS/ 207 multe d*un festin avec soa roi Balthazar ^ et qu'enfin si Darius-Codoman ne put pas défendre son empire contre les Macédonitas , c*4sst que les Perses, amollis par les usages des Mèdes , ne ressemblaient plus en aucune façon aux compagnons du grand Cyrus , nourris de cresson et ne buvant que de T^u.

Ainsi vous verrez toujours les empires s*^élever par le courage et la sobriété ^ et périr par U lâcheté et Tintempérance. K TOUS retenez cette leçoA, lorsque c|ttelqu'un prendra la peine de vous interroger 5 je suis certain que vos parena »t vos maîtres ne regretta'ont pas la peine qu'ils se seront donnée pour vous instruire.

ao8 LES SUCCESSEURS

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