‹ L'histoire ancienneChapitre 32 sur 49 · ET LES ACHÉENS · texte numérisé non relu

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son père, il conçut l'espoir de profiter de la discorde qui régnait parmi les Grecs, pour les soumettre à sa domination.

Maintenant, si tous avez sous les yeux une carte de la Grèce ancienne , vous re^ marquerez aisément que cette contrée, presque entièrement environnée par la mer, est divisée en deux parties inégales par une langae de terre fort étroite, appelée TiSTRME DE CoRiNTHE , sur laquelle était bâtie une ville riche et populeuse de ce nom. Chacune de ces deux parties avait reçu un nom particulier. La première était la Grèce proprement dite , où étaient situées la Macédoine , rÉpire, l'Attique, ou pays d'Athènes , et enfin L*iETOtiE et plusieurs autres provinces encore, que vous apprendrez à connaître plus tard : la seconde portait le nom de fiLmvéTuhn, parce que , disait-on , le jeune Pélops, que son père Tantale avait autrefois méchamment mis à mort pour éprouver la divinité des dieux , y avait régné après avoir été rappelé à la vie ; cette fable que raconte

HT5T. AKCIEIfllE. 5* iSl» li

a/, 2 ARATUS

la Mythologie n'est sans doute pas sort»

de votre mémoire , et la crédulité des Grecs lavait attribuée à Tun de leurs plus anciens rois. Le Péloponèse renfermait plusieurs provinces distinctes, dont l'AchaIe, l'Akgolide, la Messeivie et la Làgoiiie ou pays de Sparte, étaient les principales^^

Or il y avait alors en Achaie douze petites villes , dont les habitans avaient juré entre eux de se défendre mutuellement contre tous ceux qui viendraient les attaquer, et Ton avait donné à l'union de ces douze cités le nom de ligue àghéejnns.

SicYONB , l'une des plus anciennes villes du Péloponèse, ne faisait point partie de la ligue achéenne, dont elle était fort voisine : elle était gouvernée depuis longues années par des hommes farouches et orgueilleux, auxquels les Grecs donnaient le nom de tyràiîs ^ cependant il ne faut pas croire que ce mot de tyran signifiât toujours un prince cruel et superbe , et il suffisait qu'un homme se fût emparé du

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pouvoir dans une ville sans le consentement du peuple , pour que ses concitftyéns le flétrissent de- ce titre odieux. Sicyone donc obéissait à des tyrans, lorsqu'un généreux citoyen, nommé CliniàS|, ayant chassé celui qui régnait alors, les Sicyoniens, par reconnaissance, voulurent qu'il devint leur premier magistrat.

Déjà Clinias, par sa sagesse et ses vertus, commençait à rendre sa patrie heureuse et florissante, lorsque quelques méchans, qui regrettaient les tyrans, ayant tué cet honnête homme , et avec lui tous ceux de ses amis et de ses parens qui tombèrent entre leurs mains , rétablirent la tyrannie , ef en confièrent l'exercice à l'un d^eux , nommé NicocLÈs, que tout le monde baissait à cause de sa mauvaise conduite et de sa dureté envers le peuple.

Le malheureux Clinias, en mourant, avait laissé un petit garçon, appelé Akattjs, qui n'était âgé que de sept ans, lorsque son père et sa famille furent égorgés. Ce pauvre enfant, au milieu d'un si grand dés-

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astre, ne sachant où se cacher pour échapper anx soldats du tyran qui le cherchaient pour le tuer, eut la présence d'esprit d'aller demander un asile à la propre sœur de Nicoclès , à * laquelle il ne laissa point ignorer quels étaient ses parens ; mais cette dame était généreuse et compatissante ; elle prit pitié de Torphelin , et le fit conduire secrètement dans une ville voisine , où il fut élevé avec soin par les amis de son père , et devint en quelques années un jeune homme habile et entreprenant.

Vous n'aurez point de peine à croire qu^ratus ^ qui n'avait pu oublier le sort de son malheureux père, nourris ^it uzie haine profonde contre les tyraii^ Je sa patrie : aussi , lorsqu'il fut parvenu à l'âge de vingt ans, il prit la ré^iution de tirer une vengeance éclatante de ces hommes cruels, et de les chasser à son tour de Sicyone, où ils n'étaient supportés qu'avec impatience par tout ce que cette ville renfermait e^ore de hons citoyens.

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Eo effet y peu de temps après, Âratus ayant réuni quelques anciens amis Ve sa Camille , et de courageux jeunes gens auxquels il avait fait partager sa résolution , les conduit secrètement sous les murs de Sicyone , surprend cette ville pendant la nuit) force Nicoclès à chercher son salut dans la fuite, et avant qu'aucun des partisans de la tyrannie ait eu le temps de prendre les armes , il fait publier à son de trompe dans toute la ville : « qu' Aratus , fils, de Clinias , appelle les citoyens à la liberté. » A cette nouvelle, tout le -peuple accourut pour contempler son libérateur y et Aratus eut le bonheur d'avoir arraché sa patrie au joug des tyrans, sans que ce glorieux résultat eût coûté une seule goutte de sang.

Tout jeune qu'il était alors , Aratus possédait une rare prudence et une grande fermeté -, et pour que Sicyone ne fût plus exposée à de pareils malheurs , il obtint des Achéens de l'admettre dans leur ligue, afin que les autres villes vinssent à son

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secours , si jamais elle était menacée d'aune nouvelle tyrannie. Les Acfaéens, pleins d'admiration pour son courage et sa sagesse, ne croyant pa&q^'il leur fôt possible de trouver un meilleur magistrat, le choisirent pour le général de la ligue, et lui donnèrent le titre de stratège y ce qui voulait dire chef de guerre : cette dignité, dont Aratus n'était redevable qu'à son seul mérite, ne devait lui appartenir que pendant une année ; mais il s'en acquitta avec tant de talent et de probité , que pendant trente-cinq ans les villes achéennes ne voulurent point avoir d'autre stratège , et le supplièrent de rester à leur tête.

Cependant Antigone de Goni , parvenu, moitié par ruse , moitié par force , à établir sa domination sur une partie^ de la Grèce centrale, s'était rendu maître de Corinthe,et menaçait l'Argolide, province voisine de la ligue achéenne, dont la prospérité l'inquiétait*, mais Aratus, prévoyant le danger qui menaçait le Péloponèse, décida les habitans de l'Argolide et de la

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Messénie à s^unir aux Achéens pour^ «^e Jfe défendre tnatuellement en cas de bey *r> ILa plupart des villes de ces provinces y consentirent avec joie , et , à l'exception de Sparte et de la Laconie, toiAk cette pai^e de la Grèce se déclara co^Vle roi de Macédoine,

Il y avait alors dans l'isthme deCorinthe un château fort , bâti sur une haute montagne, qui dominait entièrement cette ville; ce château était nommé rAcRO-CoRmTHUs, c'est-à-dire la citadelle de Gorinthe. Antigone y entretenait ordinairement une fotte garnison, au moyen de laquelle il pouvait, selon son bon plaisir, empêcher les Grecs duPéloponèse de communiquer par terre avec le reste de la Grèce. Ce fut vers ce poste formidable qu'Aratus, devenu stratège des Achéens, tourna- ses premières vues, persuadé que la perte de l'Acro-Corinthus serait le signal de la délivrance de la Grèce entière , dont les villes commençaient à supporter avec peine la domination du roi de Macédoine.

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f Mais la prise de cette citadelle éuit une entreprise bien difficile , car on ne pouvait parvenir au sommet de la montagne où elle était bâtie qu'en gravissant des rochers inacctttf blés : Àratus ne se laissa pourtant pas reHter par ces obstacles presque ^nsurmonnRles , et il essaya d'obtenir par la ruse ce qu'il ne pouvait espérer d enlever de vive force.

Parmi les soldats qui formaient la garnison de rAcro-Corinthus , se trc^vait un Macédonien , nommé DiocLi» , homme avide et méprisable, qui fit secrètement proposer au chef achéen de lui indiquer, moyennant une grosse somme d'argent, un sentier par lequel il lui serait aisé de parvenir jusqu'à la citadelle et de s'en rendre maître.

C'était une lâche et honteuse perfidie que commettait là ce Dioclès , mes petits amis , car il trahissait bassement le roi Antigone , qu'il avait juré de servir fidèlement; cependant Aratus, ne voulant pas perdre une occasion si favorable de chasser les

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