SCÈNE PREMIÈRE
(au lever du rideau, des soldats de la division Vaubois sont en scène; parmi eux sont François, Jérôme et Saturnin.)
JEROME. •
Eh bien, camarades ! il était temps que notre petit renfort arrivât.
SATURNIN
Il paraît que l’armée n’est pas contente, et elle a bien le droit de se plaindre, abandonnée comme elle l’est par le Directoire.
, JÉRÔME
C’est vrai, Bonaparte n’a pas plus de trente-six mille hommes pour combattre quatre-vingt-dix mille Autrichiens.
SATURNIN
Sais-tu ce que disent les soldats? Après avoir détruit deux armées dirigées contre nous, il nous a fallu détruire encore celles qui étaient opposées aux troupes du Rhin. A Beaulieu a I succédé Wurmser; à Wurmser, Alvinzi , et on nous abandonne aux prises avec deux armées innombrables; on veut que, battus, enfin, écrasés par le nombre, nous revenions sans honneur et sans gloire, comme si nous n’avions pas fait notre devoir.
JÉRÔME
Tous ceux qui nous entourent font partie de la divison Vaubois. Ils ont été forcés de se retirer de la ville de Trente, de passer T Adige, et nous voilà occupant le plateau de Rivoli.
SATURNIN
Vois, comme ils paraissent abattus, découragés! Il n’y a qu’un homme qui pourrait relever leur énergie.
JÉRÔME
Oui, Bonaparte!
Mais il est à Vicence, tenant tête au général Alvinzy qui commande une armée trois fois plus considérable que la sienne. (Roulement de tambours.— Tout le monde se lève.)
JÉRÔME
L’inspection, (ils sortent tous pendant que Boudinier et Molinchon entrent «hacun d’un côté.) ^