SCÈNE VI
SATURNIN, seul.
Puissent-ils réussir ! Qu’ils se hâtent surtout, car, une fois arrivé au fort Saint-André, ce misérable Wolf saura qu’il a été joué ; il courra avec ses hommes là où se trouve réellement le drapeau... et alors... tout sera perdu... Oh! je ne veux pas les abandonner. Je vais... (on entend un bruit de cloches et des acclamations.) Qu’est-ce que Cela? (Des bourgeois et des hommes du peuple entrent eu scène. — S’adressant à un bourgeois.) Qu’y a-t-il donc?
LE BOURGEOIS
Il y a que l’armée française va entrer dans Vienne.
SATURNIN
L’armée française... est-ce bien possible?.. Mais le pont que l’on devait faire sauter... l’artillerie qui devait s’opposer au passage des nôtres ?
LE BOURGEOIS
Ces diables de Français ont usé de ruse et d’audace. Deux officiers supérieurs, deux généraux, ont traversé le pont ; ils se sont emparés de l’artilleur qui allait le faire sauter... Parvenus à l'autre bord, ils s’adressent aux canonniers, demandent à parler au général qui commande dans la ville, et pendant que l’on parlemente, une colonne de grenadiers, cachée par les grands arbres du fleuve et des îles boisées, s’élance tout à coup, s’empare des canons et désarme nos artilleurs.
SATURNIN
Et l’armée française, dites-vous ?..
LE BOURGEOIS
L’armée française entre dans Vienne.