‹ L'histoire d'un drapeau grand drame militaire en douze tableauxChapitre 57 sur 77 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les mêmes, soldats français, puis FRANÇOIS.

MARIE

Ah!

FRANÇOIS, l’arrachant des raéins de Wolf.

Misérable!... Lui... Wolf... Wolf!...

François!...

FRANÇOIS

Ah ! c’est mon cœur qui me guidait, c’est lui qui pressentait une trahison.

MARIE

Oui, une horrible trahison.

FRANÇOIS, à Wolf.

Cellerci est la dernière dont tu te seras souillé, Frédéric Wolf! Ah! tu l’avais bien dit, c’était une haine mortelle, une guerre sans pitié comme sans honneur, et qui ne devait, à tes yeux, reculer devant aucun piège, devant aucune trahison, si lâches et si honteux qu’ils fussent.

WOLF, avec ironie.

Ah ! vous êtes des ennemis nobles et généreux, vous insultez aux vaincus.

FRANÇOIS

Est-il digne de respect, celui qui trafique de sa conscience et qui vend son épée? Peut-il parler de loyauté, celui qui a renié sa nation, qui combat contre sa patrie et qui déshonore le nom de son père?

WOLF, avec force.

Assez! Nous voulions emmener vos blessés et vos femmes... Qu’altends-tu pour prononcer notre sentence?

FRANÇOIS

Emparez-vous d’eux , et qu’ils soient tous fusillés sur l’heure.

MARIE, avec effroi.

Tous!

MADAME WOLF, sur le devant du théâtre.

Mon Dieu, son châtiment est juste... (Tombant à genoux.) mais après ce châtiment, accordez-lui votre pardon là-haut I

MARIE, prenant François par la main et lui montrant madame Wolf.

François...

FRANÇOIS

Oh! elle ici!... Malheureuse femme, malheureuse mère!

MARIE

Elle m’a recueillie, elle a exposé sa vie pour moi, pourras-tu, devant elle, ordonner la mort de son fils !

l’histoire d’on drapeau.

FRANÇOIS, après un temps, s’approchant de Wolf.

Bénis celle qui pleure et qui prie pour toi; j’ai pitié de sa douleur, j’ai pitié de seà larmes... va-t’en, je te fais grâce.

WOLF

Que dis-tu?... Toi... me faire grâce!... Allons donc! c’est impossible.

FRANÇOIS

Ce n’est pas pour toi, te dis-je, c’est pour elle.

Ta pitié est une insulte, je n’en veux pas.

MARIE

Que dit-il?

WOLF

François Beaudoin, crois-moi ,. fais-moi tuer, car si je te retrouve un jour, je sens que je ne t’épargnerai pas, moi.

FRANÇOIS

Ta mère a sauvé Marie, je te fais grâce.

WOI.F.

Marie!... Mais Tunique pensée de ma vie sera de te l’arracher, comme j'ai voulu le faire tout à l’heure... Si je ne meurs pas, je jure qu’elle m’appartiendra; fais-moi donc tuer, te dis-je.

FRANÇOIS, hors de lui.

. Misérable !...

MARIE

François... (Elle lui montre de nouveau madame Wolf toujours agenouillée.) François...

MADAME WOLF

Mon Dieu ! donnez-lui du moins le repentir.

FRANÇOIS ra à madame Wolf, la relève, lui serre la main, puis revient auprès des soldats.

Emmenez les prisonniers, (il s’approche de Wolf, dont il soutient la mère.)

Emmenez-moi, emmenez-moi!... Que ferais-je ici, puisque je n’ai plus de fils ?

FRANÇOIS

Vous savez bien qu’il vous en reste un ; n’ai-je pas juré jadis d’être le vôtre, ma mère ?

WOLF

A elle... ce nom.... Ne l’appelle pas ta mère... je ne veux • pas!...

FRANÇOIS

Tu ne veux pas que je sois son fils?... Est-ce pour garder le droit de m’assassiner? Conserve-le donc, ce droit... Quand le sort nous mettra en présence, tue-moi, si tu le peux, et ma vengeance aura devancé ton crime... Venez, ma mère. (Tous sortent, excepté Wolf.) . ;

WOLF

Épargné, sauvé par lui!... Mais que se passe-t-il donc dans le cœur de cet homme?... Nous nous reverrons, François, nous nous reverrons, (n sort.)

v NEUVIÈME TABLEAU.

La retraite de Russie. — Ou désert couvert de neige.

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