LES TROIS OFFICIERS
Oui, oui...
ANDRÉ
Plus bas, parlez plus bas... Vous le disiez, il est proscrit à son tour.
SATURNIN
Qu’importe?., ne m’est-il pas permis, à moi, de porter sur ma poitrine un lambeau d’étolfe rouge ? (u ouvre sa capote et montre la partie rouge du drapeau.)
JÉRÔME, même jeu.
Me serait-il défendu de couvrir mes blessures de ce morceau de soie blanche?..
FRANÇOIS, même jeu.
Et moi, n’ai-je pas le droit de porter ce plastron ?.. (ils se rapprochent, tous les trois, et leurs poitrines, qui se touchent, présentent les trois couleurs.)
MOL1NCHON.
Sapristi !.. c’est le drapeau !.. (n fait le salut militaire.) BOUDINIER.
Il n’y manque que la hampe.
ANTOINETTE
La hampe et le coucou.
JÉRÔME. '
La hampe?.. C’est le bâton de voyage, (il montre la hampe qu’il tient à la main.) Et voilà le COUCOU, (il sort l’aigle de sa capote.)
Mes amis... j’ai une prière à vous adresser...
TOUS
Une prière ?..
ANDRÉ
Permettez qu’à mou tour je lui donne asile.
FRANÇOIS
Vous ?
ANDRÉ
Ce n’est pas chez moi qu’on viendra le chercher, ce n’est pas un vieillard de quatre-vingt-douze ans que l’on soupçonnera de conspiration politique. . donnez...
FRANÇOIS
Mais...
ANDRÉ
Soyez tranquilles., je sais qu’on parle tout bas... d’un re-
l’histoire d’un drapeau,
tour... qui n’est pas impossible... Eh bien... conüez-moi ces nobles débris... vous les retrouverez tous le jour où il faudra les réunir, pour les faire flotter encore en face de l’ennemi...
(il prend chaque morceau du drapeau.)
FRANÇOIS
Mais non, non... nous ne devons pas permettre...
ANDRÉ
Silence!., (il cache le drapeau dans un pan de sa redingote.).
Le préfet !..