SCÈNE VI
MARIE, LE PÈRE ANDRÉ, puis FRANÇOIS.
MARIE
Vous avez des nouvelles, mon ami? Y a-t-il quelque espérance ?
ANDRÉ
Hélas ! mon enfant, celle que je conçois pour vous est encore bien faible.
MARIE
Parlez, parlez !
ANDRÉ
Pauvre prêtre proscrit, forcé de me cacher à tous les yeux, de me dérober aux recherches... ce n’est qu’à grand’peine que j’ai pu obtenir des renseignements sur votre famille...
MARIE
Mais vous en avez donc?
ANDRÉ
On assure que des personnes de votre nom ont traversé l’Italie, il y a peu de mois ; elles devaient se fixer à Flçrerice ou à Naples... Plus tard, peut-être, pourra-t-on nous renseigner d’une façon plus certaine.
MARIE
Mon père, ma mère, je saurais ce qu’ils sont devenus, et c’est à vous que je devrais ce bonheur!.. Oh! comment pourrais-je reconnaître...
FRANÇOIS, entrant vivement.
Marie !
ANDRÉ
Quelqu’un!..
MARIE
Ne craignez rien, c’est un ami.
FRANÇOIS
Oui, un ami qui donnerait sa vie pour toi, citoyenne; un homme d'honneur qui mourrait plutôt que de dénoncer ce malheureux...
ANDRÉ
Me dénoncer, moi !.. Qu’ai-je donc fait?
l’histoire d’un drape ad.
FRANÇOIS
Je vous connais, père André ; je sais que vous êtes un bon vieux prêtre qui n’a pas voulu quitter la France. Prenez celte main, et regardez-moi bien en face, vous comprendrez que vous n’avez rien à redouter de moi. Je ne respecterais pas votre saint ministère, que je devrais encore respecter en vous le vieillard. Ne craignez donc rien, soyez deux fois rassuré, mon père, car je m’incline devant vos cheveux blancs et je crois en Dieu.
ANDRÉ
Mon fils, soyez béni... A bientôt, Marie!
MARIE
A bientôt!