Original signé, aux Archives de Tournai
Wi CnARLES VII
royaume, en très grant nombre, par Fadvis et delibcracion desquelx mondit seigneur leroy a ordonné, pour faire cesser les pilleries et roberies qui à présent sont sur ses subgez, toutes gens d'armes et de trait estans sur les champs estre mis et tirés es païs de frontière, et avec ce certaines autres grans provisions pour le fait dje sa guerre et recouvrement de sa seigneurie, et mander et rassembler les gens des trois Estas de son obéissance, tant de Languedoil que de Languedoc, estre par devers lui le premier jour d'octobre prouchain venant en la ville de Poictiers. Et espérons que es affaires du roy et de son ,royaume sera mise cy bonne provision que tous en serez joyeux. Et desja, la mercy Nostre-Seigneur, sont les choses en très bonne disposicion; et pour pourveoir ausdictes choses et autres grans charges qu'il a à présent à soustenir, jusques à ladicie assemblée des trois Estas, a ordonné certain aide estre levé sur ses subgez, le moindre que on a peu adviser. Et pour ce que mondit seigneur le roy nous a baillé la charge du fait de sa guerre et de faire vuider et cesser lesdictes pilleries, en quoy nous entendons emploier de toute nostre puissance, et y donner, à l'aide de Nostre-Seigneur, provision convenable, se, par deffault d'avoir la finance que pour ce faire mondit seigneur nous a ordonné, n'estions empeschié, nous vous prions très acertes que, le plus brief que faire se pourra, vous faciez que la somme que pour votre part et porcion dudit aide vous est imposée, soit cueillie et levée, et que en ce ne faciez aucun delay, afin que briefment nous puissions faire vuider et cesser lesdictes pilleries, qui tant sont à charge et destruction de vous et d'autres bons subgez de ce royaume.
ET JEANNE d'aR€ 29
Très chiers et bien amez, Nostre-Seigneur soit garde de vous.
Escript à Poictiers, le penultiesme jour de juillet. Le comte de Richemont, conncstable de France, Artur.
Dijon.
la seconde lettre fut écrite par le connétable aux Lyonnais, en réponse à celle qu'il avait reçue d'eux tmchant la disgrâce du président Louvet.
Très chiers et bons amis, nous avons pieça receu vas lettres par la Barbe, porteur de cestes, par lesquelles avons sceu vostre bon vouloir, de quoy vous mercions ; et pour ce que savons qu'estes desirans de bouvent oyr des nouvelles de par deçà, veuillez savoir nos beaux frères d'Estampes et de Porhoet,. ensemble les barons et seigneurs de Berry, d'Auvergne, de Poictou, Bretaigne, et plusieurs autres cil très grant nombre, sommes en conclusion, après plusieurs troubles, venuz à Poictiers devers nionsei- {?ieur le roy, lequel nous a recueilliz et receuz très joyeusement, faisant très bonne chiere, et par son commandant et ordonnance a fait vuider et mettre bors de son hostel aucune mauvaise semence que le Msidaut y avait laissée, congnoissant clerement le mauvais gouvernement qu'il a eu par cy devant, leleraent que. Dieu mercy, les choses sont à présent en très bons termes; dont nous devons touz estre Ivez 1 et joyeux, ayant espérance qu'elles continueront tousjours de bien en mielx. Pourquoy ce veant mondit seigneur, et que présentement il lui convient.