‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 90 sur 129 · LE ROI DE PORTUGAL A PARIS · texte numérisé non relu

LE ROI DE PORTUGAL A PARIS

dudit Orléans et vint en la bonne ville et cité de Paris, dedans laquelle il fit son entrée ; et y arriva le samedi vingt-troisième jour de novembre 1476, environ l'heure d*entre deux et trois heures après midi, et y entra par la porte Saint-Jacques. Et pour aller au-devant de lui et le recueillir aux champs jusques au moulin à vent, y furent tous les états de Paris, et par ordre, en honnêtes et riches habits, tout ainsi que ce eût été pour faire rentt*ée du roi.

Et premièrement issit*ent hofs Paris, pour aller à lui, les prévôt des marchands et échevins de ladite ville, qui pout* ladite venue furent vêtus de robes de damas blanc et roUge, fourrées de martres, lesquels étaient accompagnés des bourgeois et officieras de ladite ville. Et après y fut aussi messire Robert d'Estoute ville, ptévôt de Paris, qui était accompagné de ses lieutenants civil et criminel, et tous les officiers du roi et praticiens dU Chàtelet, qui se y trouvèrent en grand nombre et honnêtes habits.

En après, y vint mouseigheUt* le chancefier d'Oriole, messeieneut*s les présidents et conseillers de la cour dé patïement, les conseillers et gens des comptes, les généraux sur le fait des aides et monnaies du trésor, avec grande quantité de prélats, évéques et archevêcjues, et autres notables hommes, en moult grand et honnête nombre. Et ainsi accompagné que dit est, fut mené et conduit jusques à la porte Saint- Jacques, où illec, en entrant par icelle dedans ladite ville, trouva derechef lesdits prévôt des marchands et échevins, qui lui présentèrent un moult beau poêle ou ciel, qui était armoyé par les côtés aUi artties du roi, et au milieu y étaient les armes d'Espagne ; et puis se bouta dessous icelui poêle. Et lui étant ainsi dessous, Vint et fut conduit jusques à Saint-Ëtienne-des-Grès, où il trouva là les recteur,

suppôts et bedeaux de Tuniversité de Paris , qui proposèrent devant lui sa bienvenue. Et ce fait, s'en vint jusques en Téglise de Paris, où il fut reçu par le prélat d*icelie moult honorablement. Et après son oraison faite, s'en revint au long du pont Notre- Dame, et trouva à l'entrée du marché Palu cinquante torches allumées, qui le conduisirent autour dudit poêle*

Et au bout dudit pont Notre-Dame, à l'endroit de la maison d'un couturier nommé Motin, y fut trouvé un grand échafaud, où étaient divers personnages qui étaient ordonnés pour sadite venue. Et d'iUec s'en alla descendre en son logis, qui lui fut ordonné en la rue des Prouvaires, en l'hôtel de maître Laurent Herbelot, marchand et bourgeois de ladite vUle, où il fut bien recueilli ; et là lui furent faits plusieurs beaux présents, tant de ladite ville que d'ailleurs; et y fut voir tous les beaux lieux et états de Paris.

Et premièrement fut mené en la cour de parlement, qui fort triompha à ce jour de sadite venue, car toutes les chambres y furent tendues et parées ; et en la grand'chambre y trouva monseigneur le chancelier d'Oriole, messeigneurs les présidents, prélats, conseillers, et autres officiers, tous honnêtement vêtus. Et devant lui y fut plaidoyé et publié une matière en régcde par maître François Halle, archidiacre de Paris et avocat du roi en ladite cour; et contre lui était pour avocat maître Pierre de Breban, avocat en ladite cour et curé de Saint-Eustache, lesquels deux avocats il faisait moult bel ouïr. Et après ladite plaidoirie, lui furent montrés les chambres et lieux de ladite cour. Et par autres journées, fut en la grand' salle de l'hôtel de l'évêque de Paris, pour aller voir faire un docteur en la faculté de théologie ; et après alla voir le Châtelet, les prisons et chambres, qui

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