LETTRE DE LOUIS XI A LAURENT DE MÉDICIS
toutes étaient tendues, et tous les officiers, chacun en son état, vêtus de beaux et 'honnêtes habits.
En après, le dimanche premier jour de décembre audit an 4476, allèrent passer par-devant son logis toute Tuniversité de Paris et toutes les facultés et sujets d*icelle, et puis s'en vinrent chanter une grand' messe à Saint-Germain-l'Auxerrois. Et partout où il allait par ladite ville, était mené et conduit par monseigneur de Gaucourt, lieutenant du roi audit lieu de Paris, qui lui donna un moult beau et riche souper, où y furent grand nombre de gens notables d*icelle ville, tant hommes que femmes, dames, damoiselles et autres.
§ 4. — LETTRE DE LOUIS XI A LAURENT DE MÉDICIS. — IL LE PRIE d'intervenir POUR QUE LE DUC DE BERRI, SON FRÈRE, NE PARVIENNE PAS A SB FAIRE RELEVER, PAR LA COUR DE ROME, DU SERMENT SOLENNEL QU*IL A EXIOÉ DE LUI.
Abel Desjardins, Négociations de la France avec la Toscane.)
Cher et aimé cousin, nous avons su que notre frère, le duc de Guienne, a envoyé à Rome pour se faire dispenser de nous tenir le serment qu'il nous a fait, ducjuel nous vous envoyons le double. Et, par ce que nous avons été averti que vous êtes bien ami de notre Saint-Père, nous vous prions que veuillez tant faire envers Sa Sainteté que mondit frère n'obtienne aucune dispense sur cette matière, et que les gens que, pour cette cause, il a envoyés, ne puissent faire aucune chose, car, en le faisant, vous nous ferez un singulier et agréable plaisir, lequel reconnaîtrons, ainsi que tout ce que vous avez fait ci -devant, quand d'aucunes choses vous requîmes.
§ 5. — INSTRDCnOIfS DONNÉES PAH LOUIS XI A SON AMBASSA- DEUR AUPRÈS DU SAINT-SIÈGE (novembre 1478),
(Abel Desjardins, Négociations de la France avec la Toscane,)
Louis XI insiste sur les progrès menaçants du Turc. Il démontre la nécessité pour la chrétienté d*unir ses forces, afin de le combattre. Il fait faire des démarches actives pour rétablir la paix entre tous les États chrétiens, et, à cet effet, réunir un concile général à Lyon. D'autre part, le roi s'afflige du conflit qui s'est élevé entre le Saint-Siège, que la France a toujours vénéré et défendu, et les Florentins, qu'elle considère comme Français, Les forces de Florence ^t de Venise, son alliée, sont détournées, par la guerre funeste que le pape a suscitée, de leur but véntable, qui est la défense de rjtalie, La ligue italienne, si solennellement jurée, est rompue par le Pontife, qui est le vicaire du Dieu de paix. Sur les événements de Florence, le roi demande une enquête, il sollicite un accommodement, ou, du moins, une trêve, jusqu'à ce que le Concile, qui doit être convoqué à Lyon, ait prononcé sur cette affaire, qui intéresse toute la Chrétienté.
De par le roi,
Premièrement, faite la présentation de leurs lettres, la salutation et révérence accoutumée, diront en l'exposition de leur créance, comme le Roi Très-Chrétien, Notre Souverain Seigneur, désirant toujours le bien, honneur et prospérité de notredit Saint -Père et dudit Siège apostolique, et la tuicion, deffense et secours de la foi à rencontre du Turc et des autres ennemis d'icelle; averti de plusieurs heux du mauvais vouloir et intention dudit Turc, et des invasions